Des centaines de milliers de volailles ont succombé récemment sous l'effet d'une chaleur écrasante dans les élevages français. Cette situation critique met à rude épreuve les services d’équarrissage, qui peinent à suivre le flux de carcasses, forçant les agriculteurs à envisager des enterrements sur leurs exploitations.
Les premiers signes des conséquences de cette nouvelle canicule se font sentir sur le terrain. La récurrence d'événements climatiques extrêmes met les agriculteurs sous pression, affectant leurs productions. Selon Le Figaro, des organisations agricoles rapportent déjà des pertes considérables, notamment dans les deux principales régions de production avicole.
Stéphane Delapré, éleveur de volailles à Beauvoir-sur-Mer, a déclaré qu'il n'a jamais été témoin d'une telle situation en 42 ans de carrière. « Hier, la moitié de mes poulets sont morts, tant ceux à l'intérieur qu'à l'extérieur », a-t-il confié à l’AFP. Malgré des efforts comme l'installation de ventilateurs, la température extrême, atteignant jusqu'à 41°C, a eu des conséquences désastreuses sur son cheptel.
Dans la deuxième région avicole de France, les Pays de la Loire, l’éleveur Clément Blanchard a perdu environ 700 volailles en quelques jours, une hausse alarmante par rapport à sa perte quotidienne habituelle. « Ils souffrent particulièrement de la chaleur, ce qui entraîne un taux de mortalité exceptionnel », a-t-il expliqué.
Yann Nedelec, représentant de la filière avicole ANVOL, estime que la perte de plusieurs centaines de milliers de volailles est une réalité. Les chambres d’agriculture alertent sur des mortalités « considérables » dans les zones avicoles, qui concentrent près de 60 % de la production nationale. Rappelons que la France est le troisième producteur de volailles de l’Union européenne, derrière la Pologne et l’Espagne.
Face à la montée des pertes, la collecte des animaux morts se heurte à des volumes énormes que le système d’équarrissage ne peut gérer. Les éleveurs reçoivent donc des conseils pour étaler de la sciure ou des copeaux de bois sur les carcasses en attendant l'assistance des services compétents. Des mesures temporaires, comme l'enterrement sur place, pourraient être mises en œuvre sous réserve de contrôles appropriés.
Cette canicule inédite a plongé les agriculteurs dans l’incertitude. Régis Bonnin, un cultivateur en Vendée, note que cette situation est particulièrement préoccupante, surtout lorsque comparée à la crise de 2003, qui s'est produite à un moment où les jours étaient plus courts. Iñaki García de Cortázar-Atauri, de l’Institut de recherche Inrae, évoque un « effet cocotte-minute », indiquant qu’il n’existe pas de solution miracle face à ces événements climatiques. Il préconise une approche agroécologique pour préparer et adapter chaque filière aux défis à venir.







