Le 23 juin, le docteur Abdirahman Mahamud, un haut responsable de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), a signalé que la République démocratique du Congo comptait plus de 1 000 cas confirmés du virus Ebola, un chiffre qui établit un triste record pour le premier mois d'une épidémie en Afrique.
Dans une déclaration, Mahamud a précisé : “Il s'agit du plus grand nombre de cas confirmés au cours du premier mois d'une épidémie de maladie à virus Ebola en Afrique.” Au 22 juin, 1 048 cas et 267 décès liés à l'épidémie du virus Ebola Bundibugyo avaient été rapportés. Malheureusement, aucun vaccin n'est encore disponible pour cette souche virale moins commune que celle de l'espèce Zaïre.
L'OMS a reconnu officiellement l'épidémie le 15 mai, mais des experts comme ceux de Deutsche Welle estiment que le virus circulait probablement plusieurs semaines avant cette proclamation. La situation est d'autant plus préoccupante que, selon des déclarations d'Al-Jazeera, de nombreuses infections pourraient passer inaperçues et le pic de l'épidémie pourrait encore être atteint.
Un manque cruel d’aide
Comment expliquer un tel chiffre en un délai aussi court ? Selon les recommandations de l'ONU, l'isolement des personnes contaminées et la limitation des contacts physiques sont cruciales pour endiguer la propagation du virus.
Cependant, la réalité sur le terrain est sombre. Dans l'est du Congo, les cas continuent d'augmenter dans des camps de déplacés surpeuplés, les violences liées aux attaques de la milice des Forces démocratiques alliées (FDA) compliquant l'accès aux zones touchées.
Par ailleurs, l'agence Bloomberg souligne l'impact du désengagement de l'Agence américaine pour le développement international (USAID), qui avait vu son aide contre Ebola passer de 1,2 milliard de dollars à moins de 70 millions de dollars en deux ans. Récemment, les États-Unis ont débloqué 300 millions de dollars supplémentaires via un fonds des Nations unies pour soutenir l'aide humanitaire en RDC et en Ouganda.
Face à un manque de moyens de protection de base et à une pénurie de personnel soignant, la République démocratique du Congo se tourne vers des pays comme la Chine pour obtenir le soutien dont elle a tant besoin.







