Maël, 15 ans, élève à Toulouse, confie qu'il préférerait se retenir que d'utiliser les toilettes de son collège. "Il n’y a ni papier ni savon, et c'est sale à un point que c'en est catastrophique", déplore-t-il. Comme beaucoup de ses camarades, il se rend souvent dans les toilettes des restaurants voisins. En prévision d’un besoin urgent, il n'hésite pas à glisser quelques feuilles de papier dans son sac. "C'est dégoûtant", s'indigne-t-il. Les réparations arrivent parfois à se limiter à des condamnations temporaires, les élèves devant alors composer avec des sanitaires qui n'ont pas été refaits depuis des années.
Un enjeu d'hygiène et de sécurité
Le problème ne se limite pas à Toulouse. À Gardanne, dans le même département, la principale d'un autre collège a annoncé des sanctions collectives en réponse à des actes de vandalisme dans les toilettes. Le rapport d'Okapi, publié en avril 2025, révélait qu'un élève sur trois évitait de se rendre aux toilettes scolaires, un chiffre corroboré par une étude de l'institut Harris en 2022 annonçant que huit enfants sur dix préféraient se retenir. Emmanuel Garot, président de la PEEP, souligne que "trop souvent, ces lieux sont mal entretenus et vétustes, sans réelles mesures d'amélioration".
Les municipalités sont souvent pointées du doigt pour leur lenteur à intervenir. "Cela relève d'un manque d'investissement", regrette Garot. Les municipalités doivent généralement finance l'entretien, mais les priorités se concentrent souvent sur des projets plus "nobles" et visibles. "Ce ne sont pas des investissements sur lesquels on peut aisément communiquer, comme par exemple des infrastructures sportives où l'on met davantage d'argent", explique-t-il.
"Des décisions partagées rendent la situation d'autant plus complexe".
Des efforts insuffisants face à des comportements problématiques
Bien que des améliorations aient été effectuées dans certains établissements, celles-ci sont parfois insuffisantes pour lutter contre les comportements incivils des élèves. Sophie*, professeure de mathématiques, note que même en nettoyant quotidiennement, la situation se dégrade à cause du manque de respect pour les lieux. Pour y remédier, certaines écoles, à l'image de celles en Bouches-du-Rhône, imposent un contrôle d'accès au papier toilette.
La santé publique en jeu
Laurie, la mère de Matteo, 14 ans, souligne que ce sujet devient préoccupant sur le plan de la santé publique. Une étude publiée dans le Journal International de l'Environnement et de la Santé Publique en 2012 évoque les conséquences sanitaires de l'absence de sanitaires. "C'est un sujet qui mérite bien plus d'attention que ce qu'il n’en reçoit actuellement", conclut-elle, visiblement lassée par le silence des autorités.
Alors que les élèves continuent de faire face à des conditions de vie inacceptables au sein de leur école, il devient urgent de transformer ce sujet en priorité nationale.







