Du 4 au 7 juin, le collectif STopMicro a organisé une randonnée de Varces à Crolles pour alerter l’opinion publique sur les effets néfastes de la production de puces électroniques en Isère. Au cours de cette initiative, une cinquantaine de militants s’est réunie sur la presqu’île scientifique à Grenoble pour une pause réconfortante.
Le 5 juin, ces randonneurs engagés ont fait halte devant le CEA, au cœur d’un environnement dominé par des ingénieurs en costume. Leur message : sensibiliser les Isérois aux dangers environnementaux posés par des géants comme Soitec et STMicroelectronics, qui prélèvent d'énormes quantités d'eau pour leurs processus industriels. Selon les tracts distribués, "ST et Soitec pompent aujourd'hui 185 litres par seconde dans le réseau d'eau potable, ce qui équivaut presque à la consommation de deux tiers des foyers grenoblois". Cette exploitation des ressources en eau interroge sur sa durabilité.
Des produits cancérigènes dans l'eau
Nicolas, l’un des militants, a exprimé ses inquiétudes concernant la qualité de l’eau : "Elle contient des métaux lourds tels que le cuivre, ainsi que des nitrates et phosphates, pour lesquels des dérogations ont été accordées par la préfecture." De plus, les fameux PFAS, des substances notoires pour leur caractère éternel et cancérigène, sont particulièrement préoccupants. "L’industrie microélectronique en consomme énormément, et STMicro a été identifié comme l’un des principaux émetteurs de ces polluants dans la région," a-t-il noté.
Les militants ne se contentent pas d’alerter. Ils ont aussi réussi à faire reculer Soitec sur certains projets, comme l’illégale transformation d’un champ en parking, qui a été abandonnée à la suite des mobilisations. De son côté, STMicroelectronics a été contraint de mettre en pause un projet d'extension après que le collectif a mis en lumière des manquements aux règles démocratiques.
Réponses des entreprises concernées
STMicroelectronics a réagi à ces accusations en affirmant que les dernières études de la DREAL ne corroborent pas qu'elle soit le troisième émetteur de PFAS en Isère. L'entreprise assure également que ses rejets dans l'Isère sont minutieusement contrôlés et conformes aux normes en vigueur. Par ailleurs, elle a déclaré travailler activement à réduire son empreinte environnementale. "Nous avons pour objectif d’atteindre la neutralité carbone d’ici 2027. La gestion durable de l’eau fait partie de nos priorités," ont-ils précisé.
La randonnée s’est poursuivie par une étape sur le campus universitaire, où ces militants souhaitent rappeler que l’innovation et la technologie doivent impérativement s’accompagner d'une réflexion éthique et environnementale. Les prochaines journées de mobilisation à Bernin et Crolles promettent d’être tout aussi significatives, alors que les militants continuent de soulever des questions cruciales sur notre modèle industriel.







