Gaël Perdriau en appel : une ultime chance pour l'ex-maire de Saint-Étienne
Après deux mois passés derrière les barreaux, Gaël Perdriau, 53 ans, a retrouvé la liberté sous contrôle judiciaire en mars, dans l'attente de son procès en appel qui se déroule à Lyon pendant cinq jours, à partir de ce lundi.
Reconnu coupable en 2025 d'avoir fait chanter son ancien adjoint avec une sextape, l'ex-maire de Saint-Étienne se dit toujours « innocent de tout ». La condamnation, prononcée le 1er décembre par le tribunal correctionnel de Lyon, a été sévère : quatre ans de prison ferme et cinq ans d'inéligibilité, accompagnées d'une exécution provisoire qui supprime l'effet suspensif de l'appel, un mécanisme également observé dans l'affaire de Nicolas Sarkozy.
« Il attend la vérité, qui s'oppose au jugement de première instance, que nous considérons comme une erreur judiciaire », affirme son avocat Me Jean-Félix Luciani. Ce dernier insiste sur le fait que Perdriau n'est pas le commanditaire du prétendu piège et qu'il est innocent des accusations de chantage ou de détournement de fonds publics.
Cependant, la situation paraît complexe : trois de ses anciens collaborateurs, également condamnés lors du premier procès, ont désigné l'ex-maire comme l'instigateur du stratagème visant à faire taire Gilles Artigues, un adjoint UDI en désaccord avec lui. Ce dernier avait contribué à l'élection de Perdriau tout en souhaitant se distancier de sa gestion.
Cette affaire, révélée par Mediapart en 2022, a secoué le paysage politique local, de surcroît sept ans après la réalisation de la vidéo compromettante. Ce n'est qu'après le jugement initial, prononcé il y a six mois, que Perdriau a décidé de démissionner de ses fonctions.
Alors que l'ex-maire se bat pour préserver son avenir, l'issue de cette audience en appel pourrait changer à jamais le cours de sa carrière politique.







