Quatre ans après la décision controversée de l'ancien maire écologiste Éric Piolle, le tribunal administratif de Grenoble a confirmé l'annulation de l'autorisation de baignade en burkini dans les piscines municipales. Ce jugement, qui vient clore une période de vif débat public, a été rendu récemment et s'inscrit dans la continuité d'une procédure de référé entamée pour suspendre cette disposition.
Le tribunal a rendu son verdict le 25 juin, statuant que la modification apportée au règlement des piscines, initiée en mai 2022, constituait une atteinte à l'égalité de traitement des usagers. Cette modification, qui permettait de porter des vêtements de bain plus longs, incluait spécifiquement le burkini, un maillot de bain couvrant utilisé par certaines femmes musulmanes.
Les débats autour de cette question avaient commencé au printemps 2022, alors qu'Éric Piolle, réélu, présentait une délibération visant à adapter le règlement intérieur des piscines. Ce texte, présenté comme une simple révision administrative, a rapidement suscité des critiques. Le préfet de l'Isère avait alors demandé son annulation, arguant qu'il portait atteinte aux principes de laïcité, comme le stipule la loi du 24 août 2021.
Pour sa part, la commune de Grenoble défendait que cette adaptation visait à accueillir tous les usagers, en tenant compte de leurs préférences vestimentaires liées à des convictions religieuses. Le tribunal a toutefois jugé que ce type de dérogation, très ciblée et spécifiquement dérogatoire, créait une inégalité sans justification suffisante.
Dans son jugement, le tribunal a conclu que l'article modifié affectait non seulement le respect des règles de droit commun, mais également le bon fonctionnement des services publics en matière d'égalité entre les usagers. En conséquence, la baignade en burkini a été interdite dans les piscines municipales de Grenoble, et ce jugement pourrait encore faire l'objet de recours devant le Conseil d'État, comme le rapportent plusieurs médias, dont France 3.







