Marine Tondelier, secrétaire nationale des Écologistes et candidate à l'élection présidentielle, a partagé son difficile parcours en procréation médicalement assistée (PMA). Après plusieurs échecs, elle a décidé de se rendre en Belgique pour bénéficier d'un diagnostic préimplantatoire, une option non autorisée en France.
Dans une interview accordée au magazine Elle en mars dernier, Tondelier a annoncé qu'elle attendait un enfant conçu naturellement, mais son chemin pour y parvenir a été semé d'embûches. Lors d'un podcast de la radio ICI, présenté par la sage-femme Anna Roy, elle a évoqué l'épuisement émotionnel causé par des échecs répétés : "Vous avez envie que ça marche, mais vous n'osez plus vraiment y croire."
Son médecin lui a expliqué que les échecs d’implantation sont souvent dus à une mauvaise qualité des embryons. Environ 80 % des cas sont liés à ce facteur. Le diagnostic préimplantatoire des aneuploïdies (DPI-A), bien qu'utile, n'est autorisé en France qu'en cas de risque de transmission d'une maladie génétique, comme le rapporte Le Monde.
La Belgique et l'Espagne autorisent le DPI-A
Fatiguée par les fausses couches et les échecs, Tondelier s'est tournée vers la Belgique, où ce test est accessible, pour évaluer ses embryons. Cette démarche n'est pas isolée ; de nombreuses femmes françaises, notamment celles vivant près des frontières, empruntent cette voie. Des prélèvements cellulaires permettent de déterminer la viabilité des embryons. Sur les cinq analysés, seuls deux se sont révélés viables. Cependant, contre toute attente, Marine est tombée enceinte cet hiver avant même de procéder à une implantation.
Cependant, ce recours à la santé à l'étranger engendre des frais conséquents, souvent à la charge des couples. Son parcours a coûté environ 10 000 euros, soulevant des préoccupations éthiques : "Cela pose des questions sur qui peut se le permettre ou pas," souligne-t-elle.
Un test qui fait l'objet d'une controverse en France
En France, le DPI-A suscite un débat intense. Ses défenseurs affirment qu'il pourrait réduire les échecs d'implantation et éviter la perte d'embryons non viables. Toutefois, certains experts, comme ceux de France 24, mettent en garde contre le risque d'endommagement de l'embryon lors de la biopsie, remettant en question l'efficacité du test sur les chances d'accouchement.
Actuellement interdit en France, le DPI-A est autorisé en Belgique et en Espagne, où il peut être proposé dans certains cas. La question de sa légitimité pourrait être abordée lors de la prochaine révision des lois de bioéthique, prévue d'ici 2028.







