Un projet de décret, récemment consulté par l'AFP, envisage de changer d'école un élève si le comportement d'un de ses parents gêne le bon fonctionnement de l'établissement. Cette initiative, qui doit être votée le 9 juillet, soulève de nombreuses inquiétudes.
Selon ce texte, les autorités académiques peuvent exiger un changement d'établissement lorsque le comportement d'un membre de la famille perturbe gravement le quotidien scolaire des élèves. L'objectif affiché est de garantir un cadre éducatif serein et protecteur, comme l'indique le projet, qui pourrait encore évoluer au cours des prochaines semaines.
Des conditions précises
Le changement d'école serait envisageable après un dialogue entre l'administration et les parents concernés. Pour initier la procédure, le directeur d'établissement devra rendre compte au directeur académique, qui pourra alors solliciter le maire pour radier l'élève et l'inscrire dans une autre école. En cas d'unique établissement public, cette radiation ne pourra se faire qu'avec l'accord d'un autre maire.
En milieu collégial et lycéen, la décision reviendrait au directeur académique, sur demande du principal ou proviseur. Pendant l'examen de la situation, le parent incriminé n'aura plus accès à l'établissement.
Réactions et préoccupations
Ce projet suscite l'inquiétude parmi les syndicats d'enseignants et les associations de parents, qui s'interrogent sur ses implications pratiques. La FCPE, représentée par son vice-président Mustafa Ozcelik, insiste sur le fait que "l'élève n'a pas à subir les conséquences du comportement des parents". Par ailleurs, il soulève des questions quant aux critères de définition d'un comportement « compromettant » et aux situations familiales complexes, comme dans les cas de séparation.
Aurélie Gagnier, de la FSU-SNUipp, qualifie le projet de "signal rudimentaire" pour une profession souvent démunie face à des situations difficiles.
Pour Béatrice Laurent de l'Unsa Éducation, ce texte peut avoir un "effet dissuasif" face à la montée des tensions dans les établissements, liées aux "insultes" et "menaces" entre parents.
Le projet de décret doit être soumis prochainement à l'approbation du Conseil supérieur de l'éducation, mais le ministère reste silencieux sur ce sujet. Le débat reste donc ouvert et les réactions des acteurs éducatifs continuent de se faire entendre.







