Depuis près d'un mois, l'Albanie est en émoi, secouée par la colère des citoyens face à un projet de complexe hôtelier proposé par Ivanka Trump et son époux Jared Kushner. Ce projet, basé sur une immense station balnéaire à Zvërnec et sur l'île préservée de Sazan, a déclenché des manifestations massives, symboles d'un mécontentement bien plus profond contre le gouvernement en place.
Initialement, les Albanais se mobilisaient pour préserver leur environnement, mais leurs revendications ont rapidement évolué vers un appel à la démission du Premier ministre Edi Rama. Les slogans tels que “L’Albanie n’est pas à vendre” résonnent dans un pays peu enclin aux manifestations de grande envergure, comme l'indique The Guardian.
Qu’est-ce qui a mis le feu aux poudres ?
La protestation a pris racine en mai, dès l'annonce du projet immobilier à hauteur de 4 milliards d'euros, accordé par le gouvernement albanais à la famille Trump. Cette station de luxe, destinée à attirer les touristes, aurait des répercussions dévastatrices sur les environnements protégés, notamment le parc naturel de Vjosa-Narta, où subsistent plus de 70 espèces menacées. Les manifestations ont pris un tournant immédiat lorsque les bulldozers ont commencé à aménager le terrain, entraînant des affrontements avec les forces de l'ordre, comme l'a rapporté Courrier International.
Les inquiétudes concernant la pollution et la destruction d'un écosystème fragile, habité par des colonies de flamants roses, ont exacerbé les tensions. Ces oiseaux sont devenus les figures emblématiques de la résistance face à cette exploitation.
Les critiques envers les Trump
Alors que la famille Trump défend son projet comme un élan pour le tourisme local, les citoyens y voient un acte de « privatisation » du littoral. Le Tirana Times suggère que la manœuvre vise à favoriser des intérêts privés au détriment du bien commun. La corruption et le favoritisme des autorités, qui ont donné à ce projet le statut d’“investissement stratégique”, ont intensifié les protestations. Les liens étroits entre le Premier ministre et Kushner ne font qu'alimenter le ressentiment populaire.
Pourquoi la révolte est-elle devenue nationale ?
Footage de ces manifestations, surtout celles du 20 juin, a capturé l'intensité de la désillusion des jeunes Albanais, fatigués des promesses non tenues et d'une gouvernance déficiente. Les revendications de meilleure transparence et de fin de la corruption s’inscrivent dans un mouvement qui dépasse le cadre du simple projet hôtelier.
La contestation actuelle représente le plus grand défi auquel Edi Rama doit faire face pendant son mandat. En s'élançant ainsi dans la rue, les Albanais espèrent revendiquer leur voix, et un dialogue nécessaire pour envisager un avenir meilleur dans le cadre des aspirations d'intégration européenne du pays, comme le rappelle The Guardian.







