Les taux d'intérêt des obligations d'État américaines ont atteint mercredi des niveaux inédits depuis dix mois, suite à une inflation des producteurs largement supérieure aux prévisions du mois d'avril. Ce mercredi, le rendement à dix ans a franchi le seuil de 4,48%, le plus haut depuis juillet dernier. En parallèle, le taux à 30 ans a également augmenté, dépassant les 5%, un niveau qu'il n'avait pas atteint depuis octobre 2023. En comparaison, le '10 ans français' se situe à 3,74%, bien en dessous de son équivalent américain. Avant les frappes israélo-américaines sur l'Iran, le taux à dix ans aux États-Unis était de 3,94%.
Cette situation alimente les craintes d'une crise de la dette américaine, désormais supérieure à 125% du PIB, soit 20 points de plus qu'il y a dix ans. Selon les dernières prévisions du FMI, cette tendance à la hausse devrait perdurer, avec une dette atteignant plus de 143% du PIB en 2030, surpassant les niveaux de l'Italie et de la Grèce, souvent critiqués pour leur gestion budgétaire.
Un scénario catastrophe
Le groupe de réflexion No Labels a récemment exprimé de vives inquiétudes quant à la dynamique de la dette des États-Unis, avertissant qu'une crise économique comparable à la Grande Dépression pourrait survenir à cause de la dette publique qui dépasse 39 000 milliards de dollars, et d'un déficit budgétaire frôlant les 6% du PIB.
Dans leur rapport intitulé "Cauchemar sur Main Street", ils imaginent un scénario où, dès 2028, la confiance des investisseurs dans la capacité des États-Unis à rembourser leur dette s'effondrerait, rendant les adjudications de bons du Trésor de plus en plus difficiles. Cela obligerait l'État à offrir des taux d'intérêt toujours plus élevés, entraînant une chute de la valeur des obligations en circulation, déclenchant ainsi une panique financière à l'échelle nationale.
Selon le Bureau du budget du Congrès américain (CBO), les paiements d'intérêts devraient dépasser 1 000 milliards de dollars pour l'exercice fiscal 2026, soit trois fois plus qu'en 2020. Le déficit fédéral, qui a déjà atteint 1 900 milliards cette année, pourrait s'élever à 3 100 milliards d'ici une décennie.







