Minelli, emblématique chausseur français employant 86 personnes, a annoncé sa fermeture définitive après le 30 mai, date à laquelle ses boutiques resteront opérationnelles. La marque, fondée en 1973 et reconnue pour sa maroquinerie, a été placée en redressement judiciaire pour la deuxième fois en trois ans.
“C'est avec le cœur lourd que nous vous annonçons la fermeture de Minelli,” a écrit la marque sur ses réseaux sociaux. Les clients peuvent bénéficier d'une réduction de 60% sur tous les articles jusqu’à cette date, bien que les commandes en ligne soient désormais suspendues.
Les potentiels repreneurs avaient jusqu'au 11 mai pour soumettre leurs offres, mais la majorité des propositions reçues, selon le greffe du tribunal, concernent seulement une ou deux des 21 boutiques de Minelli, sans garantir la réintégration des salariés. Des marques comme Maje et Father and Sons ont montré un intérêt limité pour une partie des magasins.
Une offre inattendue est venue du groupe de transport Baghaira, qui souhaiterait prendre en charge la marque ainsi que ses stocks, mais sans inclure toutes les boutiques ni les 77 salariés concernés. Ce groupe propose d'investir 300.000 euros pour se recentrer sur le commerce en ligne avec une petite équipe.
À côté, Philippe Sayada, ancien acteur de la mode, a suggéré de racheter l'intégralité de l'enseigne pour seulement deux euros, bien que les conditions ne soient pas encore définies.
Le passé récent de Minelli est hanté par des luttes rencontres lors de son précédent redressement judiciaire en 2023. Ce sauvetage avait certes permis à l'entreprise de survivre, mais au prix de nombreux emplois, passant de 600 à moins de 200 salariés.
Minelli a enregistré une perte de 3,7 millions d'euros pour l'exercice 2024-2025, ajoutant son nom à une liste croissante de marques françaises, telles que Claire's et Jennyfer, qui naviguent dans des eaux tumultueuses. Les changements dans les comportements des consommateurs, une inflation galopante et la montée en puissance de la seconde main et de la fast fashion, notamment en provenance d'Asie, complexifient la situation pour le secteur.







