La lutte contre la fraude sociale dans le Puy-de-Dôme a atteint un niveau sans précédent, avec 6,6 millions d’euros détectés en 2025. L’État promet des mesures sévères pour contrer cette tendance inquiétante.
Pour la première fois, la Caisse primaire d’Assurance Maladie (CPAM) du Puy-de-Dôme a signalé une somme record de fraudes atteignant 6,6 millions d’euros, marquant une hausse notable par rapport à l'année précédente et dépassant de près de 2 millions d’euros les objectifs fixés. Selon la CPAM, cette augmentation illustre « l’efficience des dispositifs de prévention et de détection » déployés.
Dans le détail, 330 dossiers ont été traités, représentant un préjudice financier total de 4,53 millions d’euros, tandis que le préjudice évité s’élève à 2,13 millions d’euros. Bien que le nombre de dossiers traités ait légèrement diminué de 5 %, les montants en jeu ont considérablement augmenté, suggérant une fraude à la fois plus ciblée et sophistiquée, comme l’a rapporté Le Parisien.
Des stratégies d’envergure, déployées par des fraudeurs professionnalisés
La CPAM a exprimé des inquiétudes face à une évolution des pratiques frauduleuses, qui sont désormais orchestrées par des fraudeurs de plus en plus expérimentés. Parmi les fraudes les plus courantes, on retrouve la dissimulation de revenus, les arrêts de travail fictifs, ainsi que la falsification de documents médicaux. Dans le secteur de la santé, cela inclut également des pratiques telles que la facturation abusive et la création de prestations fictives.
Les montants remboursés à tort témoignent de l'ampleur de la fraude. Les pharmacies, par exemple, représentent des pertes de 2,19 millions d’euros, tandis que les audioprothésistes sont responsables de 929 000 euros de remboursements indus. En réponse, la répression s’intensifie : 31 plaintes pénales ont été déposées, soit une augmentation de 32 %, accompagnées de 33 sanctions financières, a affirmé la Sécu.
Pour contrer cette montée de la fraude, la CPAM souhaite mettre en place une stratégie pérenne visant à « protéger durablement notre système de santé ». Des outils de prévention tels que les arrêts de travail sécurisés, l'ordonnance numérique et des dispositifs de signalement en ligne sont à l'étude.
Fermer les angles morts
En parallèle, la Caisse d'Allocations familiales (CAF) du Puy-de-Dôme, ainsi que les services de l'État, ont récemment renforcé leur coopération dans la lutte contre la fraude aux prestations sociales. Une convention a été signée entre les divers partenaires pour mieux intégrer la prise en compte des revenus illicites dans le calcul des droits sociaux. Ce dispositif inclut également le procureur de la République de Clermont-Ferrand, la police nationale, ainsi que la gendarmerie.
Avec cette initiative, la CAF, la préfecture et le parquet affichent leur volonté d'instaurer un système de protection sociale plus juste et sécurisé, bénéficiant ainsi aux allocataires et protégeant l'intérêt général.







