Alors que le projet de réforme de la justice criminelle est débattu au Sénat ce lundi 13 avril, plus d'une centaine d'avocats des barreaux de Clermont et Montluçon se sont mobilisés pour une journée nationale de protestation, baptisée "justice morte". Ce rassemblement a eu lieu devant le palais de justice en début d'après-midi.
Les avocats dénoncent les mesures proposées par le ministre de la Justice, Gérald Darmanin, qui instaurent un "plaider-coupable" en matière criminelle. Ce dispositif vise à réduire les délais judiciaires, mais selon les avocats, il risque d'amoindrir la qualité de la justice. Sur leurs pancartes, on pouvait lire : "Accusés, victimes : tous méritent un vrai procès. Pas une justice au rabais".
Le garde des Sceaux a suggéré que cette procédure ne concerne que les affaires avec un seul auteur. Toutefois, les avocats craignent que cela entraîne une pression accrue sur les accusés et une marginalisation des victimes. Selon France Bleu, leurs objections portent également sur une possible banalisation des procédures judiciaires.
Grève des audiences
La mobilisation a également donné lieu à une grève des audiences, où les avocats ont exigé une lecture de la motion à chaque audience et ont demandé le renvoi de tous les dossiers, à l'exception des affaires urgentes touchant à la liberté des justiciables. Ce lundi, des comparutions immédiates s'effectuaient, y compris celle d'un homme de 56 ans accusé d'avoir braqué une notaire et une avocate à Lempdes. Les avocats se sont répartis dans différentes salles d'audience pour soutenir leur consœur, victime d'agression.
Ce mouvement de protestation des avocats en Auvergne soulève des inquiétudes quant à l'avenir de la justice en France. Selon le Batonnier du barreau de Clermont, Jean-Louis Terriou, interrogé par France Bleu, les mesures proposées pourraient nuire à la crédibilité des institutions judiciaires. Les avocats insistent sur l'importance de maintenir une justice équitable et accessible à tous, malgré les pressions politiques en cours.







