Près de 150 avocats se sont rassemblés ce lundi devant la Cour d'appel de Bordeaux pour contester le projet de loi intitulé « la justice criminelle et le respect des victimes », qui est actuellement examiné par le Sénat. Ce texte, en proposant l'accélération des jugements via le principe du "plaider-coupable", soulève de nombreuses inquiétudes parmi les professionnels du droit.
Concrètement, si un accusé reconnaît sa culpabilité, il pourrait être jugé sans jury populaire, et la victime n'aurait pas l'opportunité de se confronter à son agresseur. Ce mécanisme ne fait pas l'unanimité au sein de la profession. Maître Marie Tastet, vice-bâtonnière du Barreau de Bordeaux, qualifie cette initiative de régressive, d'autant plus qu'elle survient après le mouvement #MeToo qui a mis en lumière les crimes de violences sexuelles et d'inceste. Elle rappelle que ces affaires nécessitent un temps de réflexion et d'examen adéquat : "Les victimes ont besoin de temps pour se préparer à affronter leurs bourreaux," insiste-t-elle.
Pour Sarah Lavallée, avocate spécialisée en droit des étrangers et des mineurs, ce projet de loi représente une grave atteinte à l'état de droit : "Les cours d'assises sont le dernier espace où les citoyens exercent leur droit de regard sur le système judiciaire," déclare-t-elle, mettant l'accent sur le rôle crucial des jurys populaires.
De leur côté, d'autres avocats, comme Hugo Vinial, se réunissent en solidarité pour défendre "une certaine idée de la justice". Selon lui, la cour d'assises symbolise les libertés fondamentales, et toute modification dans ce domaine pourrait entraîner une série d'abandons de principes essentiels.
Alors que la manifestation se poursuit, la question de la continuité de la mobilisation reste ouverte. Les avocats espèrent que l'opinion publique et les décideurs prendront en compte leurs préoccupations lors des débats parlementaires à venir.







