L'Assurance maladie a lancé un appel audacieux ce jeudi 2 juillet. Dans son nouveau rapport, elle suggère d'interdire la vente de cigarettes à toutes les personnes nées après 2009, avec l'objectif ambitieux de créer une "génération sans tabac".
Ce projet, qui semble radical, reflète une tendance observée dans d'autres pays, notamment le Royaume-Uni, où une telle mesure sera mise en œuvre en 2027. Cela fait du Royaume-Uni le deuxième pays au monde à adopter une restriction de ce genre, une initiative qui apparaît de plus en plus nécessaire à l'échelle mondiale.
Des mesures engageantes pour un avenir sans tabac
En plus de l'interdiction de la vente de cigarettes, l'Assurance maladie prévoit de rendre le Nutri-Score obligatoire sur les produits emballés, tout en accompagnant cette mesure d'une information sur le caractère ultratransformé des aliments. Comme l'a souligné Samira Lehaine, présidente du conseil de la Caisse nationale d'assurance maladie (Cnam), "il est maintenant temps de concrétiser le virage préventif" des politiques de santé, affirmant que la prévention représente "la bataille de la décennie".
Les données économiques sont préoccupantes : le déficit de l'Assurance maladie pourrait atteindre 13,8 milliards d'euros d'ici 2026, et 17 milliards d'euros en 2029, posant des enjeux de financement et d'éventuelles solutions à trouver.
Vers une sécurité renforcée à vélo
Dans un élan préventif, l'Assurance maladie propose également de rendre le port du casque obligatoire pour les cyclistes et les utilisateurs d'engins de déplacement personnel motorisés, afin de contrer l'augmentation des accidents de trajet, qui ont crû de 7,6 % en 2024.
En outre, une campagne de vaccination contre les pneumocoques pour les plus de 65 ans est envisagée, avec l'ambition d'atteindre un taux de vaccination comparable à celui contre la grippe. Actuellement, seulement 18,7 % de cette tranche d'âge bénéficie de cette protection, malgré des coûts pour le système de santé estimés entre 2,7 et 3,4 milliards d'euros par an.
Des économies vitales pour l'avenir
Enfin, l’Assurance maladie propose d’optimiser les traitements en oncologie via des "désecalades thérapeutiques" sans compromettre les chances des patients. Par ailleurs, la réévaluation des prescriptions de certains médicaments coûteux, tels que le Vyndaqel, est au programme.
Ces différentes propositions visent toutes une économie estimée à 3,9 milliards d'euros par an, indispensable pour la durabilité du système de santé français à l'horizon 2030.







