Dans un effort sans précédent pour réduire l'impact environnemental de la fabrication des billets de banque, la Banque de France s'engage à utiliser du coton 100 % biologique et à diminuer sa consommation d'eau. Produisant annuellement environ 2,5 milliards de billets, dont des euros et des devises étrangères, l'institution française agit sur deux sites en Auvergne, à Vic-le-Comte et à Chamalières.
Lors d'une récente conférence de presse, Bertrand Peyret, secrétaire général adjoint de la Banque de France, a souligné : "Pour réduire l’empreinte carbone, nous avons plusieurs axes d’amélioration, dont l’introduction du coton biologique dans nos billets". Cette évolution s'inscrit dans la réglementation de la Banque centrale européenne, qui exige depuis 2025 que les billets soient fabriqués avec du coton répondant à des normes écologiques strictes, permettant de réduire l'empreinte carbone de moitié par rapport aux méthodes traditionnelles.
Une consommation d'eau réduite
En parallèle, la Banque de France explore d'autres matières premières durables. "Nous envisageons d'utiliser des ressources comme le chanvre ou le lin dans la pâte à papier", a indiqué Peyret. La papeterie utilise d’ailleurs déjà l'abaca, un type de chanvre, pour les billets destinés aux Philippines. Au cours des 20 dernières années, des améliorations dans les équipements et des procédures de réutilisation ont permis de réduire la consommation d’eau de la papeterie par trois, un véritable progrès dans la lutte contre le gaspillage de ressources naturelles.
La Banco de France a également observé une baisse des émissions de gaz à effet de serre liés à la production de billets. Entre 2019 et 2025, l'intensité carbonique des billets a diminué de 4,6 %, tandis que la consommation d'énergie de l'établissement s'est réduite de 18 %.
Un engagement à long terme pour l'environnement
Enfin, concernant le projet de regroupement de l'imprimerie et de la papeterie sur le site de Vic-le-Comte, les travaux ont été réalisés dans le respect des zones environnantes. "Nous avons mis en place un programme de conservation des espèces", a expliqué Peyret, permettant de préserver la biodiversité locale grâce à des corridors boisés et à la protection de certaines espèces végétales.







