Selon la Confédération de l'artisanat et des petites entreprises du bâtiment (Capeb), qui a interrogé 2.200 de ses membres à la fin de mai, 70% des artisans ont dû réviser leurs horaires en raison de la canicule et d'autres aléas climatiques. Le gouvernement a également annoncé la mise en place d'arrêtés dans plusieurs départements pour suspendre les chantiers si nécessaire. Des autorisations de départ à 5h du matin ont été émises dans des zones telles que le Puy-de-Dôme et la Haute-Garonne.
Mercredi, la station météorologique de Paris-Montsouris enregistrait déjà 34°C à 10 heures. La canicule s'avère être l'un des risques climatiques les plus préoccupants pour le secteur, suivie par les intempéries, les inondations, et en moindre mesure, le froid et la neige. Un sondage réalisé entre le 21 mai et le 12 juin a révélé que 70% des artisans notent une fréquence accrue de ces événements climatiques au cours des cinq dernières années, des phénomènes qui affectent directement la santé et la sécurité des travailleurs.
"Il est crucial de penser d'abord à la santé des salariés. Le dérangement occasionné pour les riverains doit être considéré, mais la priorité est leur sécurité," a déclaré Jean-Pierre Farandou, ministre du Travail.
Conformément à un décret de 2025, les employeurs sont désormais tenus de mettre en œuvre des mesures de protection pour leurs employés face à la chaleur, parmi lesquelles l'adaptation des horaires, des pauses plus fréquentes, et l'accès à de l'eau fraîche. Les responsables du ministère ont effectué 1.400 vérifications de conformité chez les entreprises.
Des retards sur les chantiers pour 58% des entreprises
Les conditions climatiques difficiles entraînent également des retards sur les chantiers pour 58% des artisans interviewés. Certaines entreprises estiment une perte de productivité équivalente à 5 jours de travail pour un chiffre d'affaires manquant de 4.800 euros.
"Des métiers comme la maçonnerie et le carrelage sont particulièrement impactés par ces conditions climatiques, tandis que d'autres secteurs, comme l'électricité, sont moins touchés," précise la Capeb.
Afin de faire face, 70% des artisans ont modifié leurs horaires, 28% ont investi dans des vêtements techniques, et 8% ont recours à des dispositifs de chômage intempéries. Fin mai, Jean-Pierre Farandou a rappelé que chaque chef d'entreprise porte la responsabilité de la sécurité de ses employés. Tragiquement, un jeune ouvrier de 19 ans a perdu la vie en travaillant sur un toit lors de ces fortes chaleurs.
Une proposition émerge dans le débat public : créer un "congé climatique"
Pour répondre à ce défi, le parti des Écologistes a proposé l'instauration d'un "congé climatique" de 5 jours par an, permettant aux travailleurs de faire face à des événements liés au climat sans perte de revenus. Cette initiative s'inspire d'un modèle espagnol qui consacre un congé payé durant des alertes climatiques.
Patrick Martin, président du Medef, a reconnu la nécessité de cette réflexion mais a mis en garde contre les conséquences économiques d'une telle mesure, soulignant que diminuer le temps de travail pourrait affecter la productivité.







