"J'avais espéré une baisse cette année, mais il n'en est rien". C'est ainsi que Sophie Brocas, préfète du Loiret, a exprimé son désarroi face à cette situation. Lors du bilan de la délinquance, il a été révélé qu'en 2025, les signalements de violences intrafamiliales ont grimpé de plus de 8%, avec une hausse de 4,8% pour les violences conjugales. "C'est scandaleux", ajoute Sophie Brocas, "nous avons un dysfonctionnement dans les relations entre hommes et femmes, et cela doit changer".
Dans les faits, les interventions des forces de l'ordre concernant des violences intrafamiliales sont quotidiennes. "Chaque nuit, environ deux cas de violences conjugales sont rapportés dans l'agglomération d'Orléans", témoigne Thierry Guiguet Doron, directeur interdépartemental de la police nationale. "C'est un véritable fléau au quotidien pour nous".
Vers un renforcement de la prévention et de l'éducation
La question se pose : quelles solutions peuvent être envisagées pour inverser cette tendance croissante ? Outre les sanctions pénales contre les agresseurs, le tribunal d'Orléans a instauré en début d'année des audiences spécialisées tous les lundis. Emmanuelle Bochenek-Puren, procureure de la République d'Orléans, souligne que "ce dispositif a permis de réduire les délais de jugement à environ quatre mois, contrairement aux six à huit mois précédents". En outre, 100 téléphones de sécurité "grave danger" ont été remis à des victimes en 2025, contre seulement 5 en 2020.
Cependant, ces mesures semblent encore insuffisantes. Les autorités projettent de renforcer les initiatives de prévention et d'éducation. "Notre objectif pour 2025 est d'apporter des réponses éducatives dès la première infraction", déclare la procureure. La préfète compte également "remonter à la source du problème" en élaborant des modules de sensibilisation en collaboration avec le rectorat, destinés aux élèves d'écoles primaires. "Il est crucial que dès le plus jeune âge, les enfants apprennent à se comporter différemment les uns envers les autres".







