À l'horizon 2027, une soixantaine de collaborateurs de l'usine Renault du Mans s'apprêtent à se tourner vers un nouveau défi en intégrant la fabrication de drones militaires. Le projet, baptisé Chorus, a été l'objet de discussions avec ICI Maine, qui a rencontré plusieurs de ces salariés volontaires.
Situé dans la Sarthe, le site Renault se trouve à un tournant décisif. En effet, alors que l'usine produit actuellement des véhicules tels que le châssis de la Renault 5, elle s'apprête à ouvrir une chaîne de montage dédiée aux drones. Ce changement, annoncé par la direction générale de l'armement (DGA) en partenariat avec la PME Turgis-Gaillard, spécialisée en aérospatiale, soulève des interrogations.
Une transition perçue positivement par les salariés
« Ici, nous fabriquons des voitures, mais pour moi, produire des drones, c’est souvent similaire », confie Nicolas, un salarié qui s'engage avec enthousiasme dans ce projet. Selon ses dires, cet engagement apporte une dimension nouvelle à son travail.
Les retours des notions de patriotisme et de nécessité économique semblent largement favoriser cette initiative. D’après José Sancibrian, délégué du syndicat CFE-CGC, « environ 90 % des salariés interrogés sont favorables à ce projet, qui pourrait assurer la pérennité du site », nous indiquons ICI Maine.
Des préoccupations éthiques soulevées
Cette reconversion ne fait cependant pas l'unanimité. Les syndicats, tout en soutenant le principe de volontariat, mettent en garde contre les implications éthiques de cette transition. Richard Germain, représentant de la CGT, exprime ses réserves : « Peut-être produisons-nous des drones, mais cela reste une industrie de guerre », soulignant la complexité morale entourant ce choix.
Une production d'ici 2027
La fabrication des drones, prévue pour commencer dans un bâtiment précédemment utilisé pour le stockage de pièces automobiles, nécessitera une réorganisation. Les premiers essais de montage débuteront cet été avec la capacité de produire jusqu’à 600 drones par mois, en fonction des commandes de Turgis-Gaillard.
Les drones arriveront au Mans en pièces détachées, prêts à être assemblés par les salariés, avant d'être expédiés vers leur destination finale. La logistique entourant cette activité pourrait entraîner une augmentation du trafic routier aux abords de l'usine.
Ainsi, la transition de l'usine Renault du Mans vers la production militaire sera scrutée de près, tant par les salariés que par les syndicats, chacun ayant des attentes et des inquiétudes légitimes face à cette évolution.







