Le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, met en lumière une menace croissante incarnée par des groupes masculinistes, alertant sur des attaques récentes visant la ligne d’écoute nationale 3919, dédiée aux femmes victimes de violences. « Ces incidents montrent une défiance qui s’inscrit dans un mouvement plus vaste, où la menace masculiniste s’organise sans complexe », a-t-il déclaré lors des récentes questions à l’Assemblée nationale.
« Ces agressions ne représentent pas des événements isolés », a-t-il ajouté, soulignant que leur gravité est accentuée par un climat culturel qui relègue les politiques d’égalité et les actions des associations féministes au second plan. « Les dernières études ont montré que près de 39 % des hommes estiment que le féminisme menace leur rôle dans la société », a-t-il précisé, en dénonçant une « stratégie d’intimidation » derrière les attaques ciblant le 3919.
Camille Lextray, porte-parole de la Fédération nationale Solidarité Femmes, a évoqué des tentatives de « saturation » de cette ligne d’écoute, avec des appels virulents orchestrés par des collectifs qui revendiquent l’accès des hommes à ce numéro, arguant d’une prétendue « discrimination anti-hommes ». Cependant, de nombreux dispositifs déjà adaptés existent pour répondre à leurs besoins, souligne Lextray.
Des actions terroristes ?
Loin d'être un simple phénomène, ces mouvements sont désormais perçus comme suffisamment menaçants pour justifier une réponse gouvernementale renforcée. Laurent Nuñez a même annoncé l’application de mesures antiterroristes concernant tant les subventions que les référencements des sites induisant haine et violence. « La mouvance incel, qui s’illustre par des poussées de violence dans d'autres pays, se développe ici aussi ; les services de renseignement français la surveillent attentivement », a-t-il averti, rappelant les récentes interpellations de jeunes hommes en lien avec des activités masculinistes.
Ces préoccupations résonnent avec les révélations d’autres médias, tels que le Parisien, qui rapportent également des cas de jeunes radicalisés, témoignant d’une dynamique inquiétante en France. Le climat actuel interpelle tant les autorités que la société civile, invitant à un débat plus large sur la place des hommes et des femmes dans l’espace public. Face à cette montée du radicalisme masculiniste, le gouvernement se trouve à un tournant décisif, mobilisant ses ressources pour prévenir les dérives potentiellement violentes.







