Des fruits véreux ? Découvrez les coupables et comment les combattre

Des fruits véreux ? Découvrez les coupables et comment les combattre

Le ver de fruit représente une véritable préoccupation tant pour les agriculteurs que pour les jardiniers amateurs, en raison des dégâts qu'il peut causer au sein d'un verger. Qu'il s'agisse d'asticots ou de chenilles, ces nuisibles sont une menace pour la récolte, entraînant une perte substantielle de fruits. Des insectes tels que la mouche du vinaigre, la mouche asiatique et le carpocapse sont principalement responsables de ces fruits abîmés. Analysons ces ravageurs et les différentes solutions à envisager pour protéger vos productions.

Asticots dans les fruits : focus sur la drosophile

La drosophile (Drosophila melanogaster), connue aussi sous le nom de mouche du vinaigre, est un insecte microscopique qui se reproduit rapidement. Chaque femelle peut pondre entre 350 et 400 œufs, généralement dans des fruits en décomposition mais aussi dans des fruits sains, ce qui pose problème. Il est donc crucial de ramasser régulièrement les fruits tombés pour éviter d'attirer ces nuisibles.

Par ailleurs, la drosophile à ailes tachetées (Drosophila suzukii) constitue une autre menace. Originaire d'Asie, cette espèce a envahi de nombreuses régions depuis plusieurs années. Elle s'attaque aux fruits mûrs en y pondant ses œufs, ce qui entraîne l'apparition d'asticots à la dégustation. Les framboises et cerises sont particulièrement à risque, et les pertes peuvent atteindre jusqu'à 80 % des récoltes dans les cas les plus graves.

Le ver de fruit : les attaques du carpocapse

Le Carpocapse, un papillon de la famille des Tortricidae, est responsable de l'apparition des chenilles dans les pommes et poires. Les femelles pondent leurs œufs sur les fleurs et feuilles au printemps, et à partir d'août, elles s'attaquent aux fruits presque mûrs. Les larves pénètrent alors les fruits, creusant des galeries destructrices.

La seconde ponte est particulièrement problématique, car les chenilles se nourrissent directement de la pulpe, avant de se réfugier soit sous l'écorce de l'arbre, soit dans le sol pour l'hiver. Le carpocapse ne se limite pas aux pommes et poires, mais s’attaque aussi aux fruits à noyaux comme les prunes et abricots, représentant un défi majeur pour les vergers diversifiés.

Les signes d'une infestation au verger

Les chenilles du carpocapse provoquent des dommages visibles sur les fruits presque mûrs. Voici quelques symptômes évocateurs :

  • Trous visibles sur les fruits,
  • Excréments ressemblant à de la sciure autour des trous,
  • Galeries s'enfonçant jusqu'au cœur des fruits,
  • Changements de couleur sur les fruits,
  • Chutes prématurées des fruits abîmés.

Bien que certains fruits véreux puissent être utilisés pour réaliser des jus, leur commercialisation est impossible. Les pertes peuvent être conséquentes, tant pour les amateurs que les professionnels.

Moyens efficaces de lutte contre les nuisibles

Éliminer la mouche asiatique (Drosophila suzukii) s'avère particulièrement difficile, d'autant que nombre de traitements chimiques sont désormais interdits. Des recherches sont en cours pour mieux comprendre ces ravageurs et identifier des solutions non nocives. Les pièges à mouches peuvent être une option, mais leur efficacité n'est pas toujours garantie.

En revanche, les solutions pour lutter contre le carpocapse sont accessibles aux jardiniers souhaitant mettre en place des méthodes simples.

Chaulage des troncs

Pour éliminer les chenilles hibernantes, il est conseillé de chauler les troncs de vos fruitiers deux fois par an : une première fois à la mi-janvier et une seconde au début de mars. Cela aide à éradiquer non seulement les carpocapses, mais également les œufs et larves d'autres ravageurs.

Pour un chaulage conforme à l'agriculture biologique, on peut utiliser de la cendre, de la craie ou de l'argile à la place de la chaux vive, après dilution dans l’eau.

Pulvérisation d'eau sucrée

Utiliser des sucreries pour lutter contre les vers de fruits est une méthode efficace en agriculture durable. Selon les recherches menées dans le cadre du projet Casdar Sweet, l'application de saccharose ou fructose sous forme de solution peut perturber les femelles du carpocapse en modifiant les signaux biochimiques des pommiers. Cette technique doit être appliquée dès le matin, avant l’émergence des papillons, avec une fréquence de 6 à 7 pulvérisations par an.

Utilisation de bacilles de Thuringe

Les bacilles de Thuringe (Bacillus thuringiensis, ou Bt), présents dans certains insecticides biologiques, sont efficaces contre les chenilles de carpocapse. Ils peuvent être achetés dans les jardineries ou en ligne.

Enfin, encourager la présence de mésanges charbonnières et bleues dans votre jardin, par l'installation de nichoirs, est une méthode écologique qui aide à réguler les populations de carpocapses et autres nuisibles.

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