Dans un contexte de tensions croissantes, les responsables libanais ont clairement exprimé, vendredi, leur volonté de voir l'Iran s'abstenir d'interférer dans les affaires internes de leur pays. Cet appel intervient après un nouvel échec de la trêve annoncée par Washington entre Israël et le Hezbollah, soutenu par Téhéran.
L'armée israélienne a intensifié ses frappes dans le sud du Liban, ordonnant l'évacuation des habitants d'une dizaine de villages, alors que Hezbollah a fermement rejeté l'accord de cessez-le-feu. Les bombardements israéliens ont visé plusieurs zones, exacerbant la crise humanitaire déjà sévère.
Le président libanais, Joseph Aoun, n’a pas mâché ses mots : "Ce n'est pas votre pays, c'est le nôtre (...) Vous n'avez pas à intervenir dans notre pays". Son message se voudrait un rappel de la souveraineté libanaise face aux préoccupations régionales.
Le président a également souligné que le Hezbollah devait envisager la diplomatie comme voie de résolution du conflit, arguant qu'il n'y a pas d'alternative face à l'escalade actuelle. Néanmoins, beaucoup au Liban restent sceptiques, craignant que ces négociations ne se heurtent à la résistance du mouvement chiite et des sentiments populistes.
Pour sa part, le Premier ministre Nawaf Salam a lancé un appel à Téhéran pour qu'il n'utilise pas le Liban comme un moyen de pression dans ses négociations avec Washington : "Nous ne sommes pas disposés à devenir le terrain de jeu des pouvoirs extérieurs".
L'armée israélienne, après avoir mis en œuvre des opérations militaires sur des villages libanais, a récemment intensifié ses frappes sur la région de Tyr, touchant des infrastructures civiles, dont un hôpital, où des pertes humaines ont été signalées, aggravant la situation humanitaire terrestre, comme rapporté par l'AFP.
Marwan Ghorayeb, un retraité des forces de sécurité, a partagé son désespoir : "Ma maison au village a été détruite, il ne nous reste plus que les vêtements que nous avons sur le dos". Ces témoignages illustrent l'impact dévastateur du conflit sur la population civile.
Le Hezbollah, malgré les lourdes attaques, a affirmé son intention de continuer à agir contre les forces israéliennes, tout en considérant les avertissements de l’ONU qui a doublé son appel aux dons pour l'aide humanitaire, atteignant près de 640 millions de dollars sur six mois.
Les combats ont déjà causé un bilan tragique de plus de 3.558 morts au Liban, alors qu'Israël déplore également la perte de soldats dans cette escalade militaire. Dans ce climat tendu, les appels à la paix et à la négociation semblent plus essentiels que jamais.







