Les professionnels de santé sonnent l'alarme sur les effets dévastateurs de la sédentarité sur les plus jeunes, alors que se déroule la Semaine du muscle du 1er au 7 juin. Un rapport de l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) révèle qu'un impressionnant 80% des adolescents ne pratiquent pas d'activité physique régulière.
Les effets de cette inactivité physique se manifestent déjà par des pathologies typiquement associées aux adultes, telles que le cholestérol élevé ou des douleurs articulaires. Les médecins s'alarment des répercussions à long terme, plaidant pour un retour urgent à une vie active pour les enfants.
Une situation inquiétante
Pour Fabrice Chrétien, professeur de neuropathologie à l'hôpital Saint-Anne à Paris, la situation est grave : "C'est une bombe à retardement. Les muscles qu'ils négligent de développer ne pourront pas être récupérés par la suite. Il est crucial que les enfants s'engagent dans des activités physiques pour leur développement musculaire." Il évoque également les effets dévastateurs des confinements durant la pandémie, qui ont exacerbé le problème en augmentant l'addiction aux écrans et en générant une anxiété généralisée.
Les spécialistes notent une montée préoccupante des maladies métaboliques chez les jeunes adultes, avec un accroissement des cas de cholestérol et de diabète de type 2. Célia Lloret-Linares, endocrinologue et nutritionniste en Haute-Savoie, souligne l'urgence d'une prise en charge : "Les thérapies pour ces conditions graves sont limitées. Ces maladies déclarées tôt risquent d'être plus récalcitrantes à tout traitement traditionnel."
Des douleurs physiques alarmantes
Les douleurs chroniques chez les enfants, touchant le dos, les genoux et les chevilles, deviennent de plus en plus courantes. Raphaël Vialle, chef du service d'orthopédie pédiatrique à l'hôpital Armand Trousseau, explique : "Ces douleurs résultent souvent d'un excès de poids ou d'un manque de développement musculaire. Nous nous retrouvons à dépenser des sommes considérables en soins sans traiter le problème à la racine, qui est un mode de vie sédentaire."
"Environ 18% des enfants souffrent de surpoids, et 4% sont obèses. Dès le CP, leur essoufflement et leurs douleurs articulaires sont préoccupants, entraînant des difficultés psychologiques comme la perte de confiance."
L'importance de l'activité physique
Pour briser ce cycle, il est impératif d'encourager l'activité physique dès le plus jeune âge. Célia Lloret-Linares insiste sur le rôle des médecins généralistes qui doivent surveiller l'indice de masse corporelle des jeunes à partir de deux ans. "Les faire sortir et promouvoir l'activité physique est une vraie solution, souvent miraculeuse," affirme Fabrice Chrétien, qui partage l'idée que l'exercice constitue un antidépresseur naturel efficace. "Quand on est actif, on réduit son anxiété et on renforce sa confiance en soi. Il suffit de trouver un sport qui plaît aux enfants, mais il leur faut s'activer au moins deux fois par semaine."
Raphaël Vialle rappelle que l'OMS recommande au moins huit heures d'activité physique par semaine, avec plusieurs séances à haute intensité, pour un bien-être optimal. S'ils n'agissent pas maintenant, nous mettons en péril leur potentiel futur.







