Alors qu’un nouvel épisode caniculaire se profile, six départements du sud de la France sont confrontés à un danger élevé d’incendies. Sébastien Lecornu se rend jeudi à Marseille pour présider une cellule de crise interministérielle.
Le gouvernement a fait l’objet de critiques concernant son manque de préparation lors de la canicule historique de juin dernier. À présent, Météo-France prévoit un nouvel épisode de fortes chaleurs à partir de ce week-end. Les départements des Pyrénées-Orientales, Aude, Hérault, Gard, Bouches-du-Rhône et Vaucluse sont en alerte pour les incendies.
À Marseille, Lecornu sera briefé sur la situation actuelle des feux de forêt avant de présider la cellule de crise. Lors du Conseil des ministres, Emmanuel Macron a souligné l’importance de profiter du répit actuel pour anticiper les enjeux liés aux feux, à l’utilisation de l’eau, et aux conséquences sur l’agriculture, selon la porte-parole Maud Bregeon.
En réponse à cette crise, le ministère de l’Agriculture a annoncé la mise en place de prêts de trésorerie pour aider les éleveurs à adapter leurs infrastructures face à la chaleur. Lecornu doit également présider une réunion ministérielle sur les impacts de la canicule sur l’agriculture ce vendredi.
- Vigilance sanitaire -
Sur le front de la santé, la Fédération des hôpitaux publics (FHF) met en garde contre l’insuffisance d’investissements nécessaires pour adapter les structures aux changements climatiques. Zaynab Riet, déléguée générale de la FHF, a déclaré : "Si nous n’agissons pas massivement, nos établissements ne pourront suivre."
Concernant les transports, Jean Castex, PDG de la SNCF, a annoncé que l’entreprise se prépare à un afflux de voyageurs pour les vacances d’été, mais a précisé qu’une partie du pays, en canicule, pourrait compliquer la situation.
Bien que la France ait surmonté un épisode caniculaire historique, la vigilance sanitaire reste de mise, notamment pour éviter une surmortalité. Les écologistes envisagent de déposer une motion de censure, dénonçant l’impréparation du gouvernement face à ce nouveau défi.
"Cette motion ne changera rien au changement climatique", a réagi Maud Bregeon, refutant les accusations d’inaction. Le gouvernement tente de gérer les crises tout en faisant face à une opposition qui semble exacerber les tensions.
- Besoin d'accélération -
Le directeur général de l’AP-HP, Nicolas Revel, a mentionné que, bien que les progrès aient été faits, le bilan des pertes humaines pourrait dépasser 2025, estimé à 5 700 décès liés à la chaleur, pour éviter d’atteindre les chiffres tragiques de 2003.
En multipliant les cellules de crise, le gouvernement s’efforce de ne pas reproduire les erreurs du passé. Le Premier ministre a affirmé que toutes les mesures mises en œuvre ont été efficaces lors du dernier épisode de canicule.
Pour lui, "il n’y a pas d’inaction, mais un besoin urgent d’accélération" face aux enjeux climatiques. Cependant, des voix s’élèvent contre la diminution des crédits du Fonds vert, destiné aux collectivités pour s’adapter au changement climatique.
Édouard Philippe, candidat à la présidentielle, a reconnu que la France a pris du retard dans cette adaptation. "Je ne suis pas né écologiste, mais je peux le devenir", a-t-il déclaré, soulignant la nécessité d'agir rapidement.







