Le premier comité interministériel dédié à la lutte contre la criminalité organisée a eu lieu vendredi. Sébastien Lecornu, le Premier ministre, est ressorti de cette réunion avec l'impression que les mesures proposées par ses ministres étaient « insuffisantes ».
Cette première rencontre a été marquée par un constat amer. Lors de cette réunion, Sébastien Lecornu a insisté sur la nécessité d'« un changement d'échelle de la réponse » face au narcotrafic, comme l’indique une source proche de son cabinet. Le Premier ministre a jugé que les propositions avancées par son équipe étaient « techniques et insuffisantes ».
Pourtant, Matignon veut s'impliquer pleinement dans ce dossier. Le Premier ministre a précisé que cela ne pourrait être le seul apanage du ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, et du garde des Sceaux, Gérald Darmanin. Il a également souligné le rôle crucial du ministre de l'Éducation, « Édouard Geffray, (...) qui sera également une partie prenante de première ligne », concernant cette lutte. Un nouveau comité est prévu dans un futur proche, avec des méthodes de travail repensées.
Impliquer l'ensemble du gouvernement
Avec un climat de tension croissante suite à la recrudescence des meurtres liés aux trafics, l'exécutif s'engage à mobiliser l'ensemble du gouvernement pour mener « la guerre » aux narcotrafiquants. Laurent Nuñez, le ministre de l'Intérieur, milite depuis plusieurs semaines pour une initiative plus intégrée et durable. Il insiste sur le fait que cette « guerre » ne peut se limiter à son seul ministère.
Depuis le début de 2023, la France fait face à une vague alarmante de meurtres associés à des trafics de drogues, impliquant un nombre croissant de mineurs, tant comme victimes qu'en tant qu'auteurs. Les différents ministres présents ont mis l'accent sur les « profondes mutations » que subit la criminalité organisée, notamment sa « mondialisation », sa « numérisation », son « rajeunissement », et une « désinhibition » palpable. Pas moins de douze ministres ont participé à cette réunion, parmi eux Laurent Nuñez (Intérieur), Jean-Pierre Farandou (Travail), Gérald Darmanin (Justice), Edouard Geffray (Éducation), et Jean-Noël Barrot (Affaires étrangères), avec la porte-parole du gouvernement Maud Bregeon.







