Gabriel Attal, qui organise ce samedi son premier meeting de campagne pour la présidentielle, s'appuie sur une équipe dévouée et un financement qui ferait rougir ses opposants. Pourtant, il peine à fédérer l'ensemble de son parti, dont certains membres restent réticents face à sa prise de distance avec Emmanuel Macron.
Dans le cercle restreint d'Attal, un certain Maxime Cordier joue un rôle central. Ce proche collaborateur, issu de la droite, a suivi Attal à chaque étape importante : du porte-parolat jusqu'à Renaissance, du Budget à Matignon. De nombreux députés le désignent comme le véritable architecte de la stratégie d'Attal, affirmant qu'il est celui qui influence toutes les décisions.
Ce duo, né à Sciences Po Paris, a des racines politiques variées—le premier s'identifiant aux jeunes socialistes, tandis que le second était à la tête de la section UMP. Leur parcours les a amenés à former une alliance pragmatique au sein du macronisme, mélangeant les idéaux de droite et de gauche, avec des méthodes qui rappellent l'ère Sarkozy.
Absence notable dans l’équipe, Louis Jublin, ex-conseiller en communication, n'apparaît plus dans l'organigramme depuis son départ de Matignon. Actuellement, il gère la communication de Hélène Mercier-Arnault, épouse de Bernard Arnault, le magnat de LVMH.
Au sein du parti, près de 400 participants, élus et hauts fonctionnaires, plongent dans l’élaboration du programme. Grégory Guillaume, ancien conseiller à Matignon, mène le pôle "idées", tandis que Benjamin Huin-Morales, le maire de Zimmerbach, coordonne les propositions.
Concernant le financement des meetings, la question revient fréquemment : "Combien cela coûte-t-il ?" Renaissance avance un budget compris entre "plusieurs centaines de milliers d'euros", mais "loin du million" pour l'événement au Parc des Expositions de Paris. Des rumeurs circulaient déjà autour des manifestations à la Cité du Cinéma et à Arras en 2025, ainsi que des trois "Nuits de la République" qui ont eu lieu récemment, la première étant animée par une intelligence artificielle.
Renaissance se distingue par sa puissance financière en vue des élections. Le parti fondé par Macron a réuni plus de 100 millions d'euros de financement public entre 2017 et 2022. Bien que l'enveloppe ait diminué pour les années suivantes en raison d'une dissolution, le parti a pu bénéficier d'un siège spacieux… que Gabriel Attal a revendu. Actuellement, Renaissance se trouve en location dans le VIIe arrondissement et est préparé pour une campagne qui peut atteindre jusqu'à 16,5 millions d'euros, voire 22,5 millions en cas d’accès au second tour.
Comparativement, Horizons, le parti d’Édouard Philippe, a accès à environ 3 millions d'euros annuels depuis la dissolution, ce qui les oblige à être prudents dans leur campagne. Horizons annoncera aussi un meeting à Paris le 5 juillet, tandis que Renaissance planifie déjà un nouvel événement pour septembre.
Gabriel Attal, sur la défensive, n’a pas caché son irritation lors d'une interview sur France Inter sur l'absence de figures importantes ce samedi. Elisabeth Borne, ancienne Première ministre, a quitté les instances du parti, tandis que des figures comme Yaël Braun-Pivet et Aurore Bergé, membres éminents, ont clairement indiqué leur absence.
Attal s'entoure d'une équipe restreinte de fidèles, notamment les anciens ministres Franck Riester, Prisca Thévenot et Antoine Armand. Son meeting verra la présence de quatre ministres et d’environ 80 parlementaires. Selon un proche, "Attal a vraiment mobilisé tout le monde".
Cependant, de nombreux macronistes choisiront l'abstention. Le député Marc Ferracci a déclaré à l'AFP : "Je ne suis pas pour la chaise vide. Renaissance est ma famille politique, mais je me rends aussi au meeting d’Edouard Philippe pour échanger avec nos militants sur des idées communes." Cette nouvelle dynamique pourrait marquer un tournant dans la mobilisation interne du parti.







