Un rapport récent indique qu'un tiers seulement des électeurs de Emmanuel Macron en 2022 maintiennent leur affiliation au centre politique, alors qu'une majorité d'entre eux réclame des réformes significatives. Cette étude commandée par la Fondation Jean-Jaurès souligne une fragmentation croissante parmi les anciens supporters du président.
Parmi ces électeurs, seuls 35% se disent encore « héritiers » du bloc centriste, alors que 27% se laissent séduire par la droite, 23% par la gauche et 15% s'estiment désabusés. Un phénomène qui traduit un éloignement significatif des fondements du macronisme.
Au cours de la dernière élection de 2022, Macron est parvenu à capter des voix de gauche et de droite dès le premier tour, reléguant des candidats comme Anne Hidalgo et Valérie Pécresse à des scores très faibles. Toutefois, même parmi les électeurs centristes, moins d'un tiers envisagent de voter pour Horizons, le parti d'Édouard Philippe, ou Renaissance, dirigé par Gabriel Attal.
Actuellement, les deux anciens Premiers ministres s'affrontent pour séduire cet électorat en déclin. Philippe semble bénéficier d'une préférence, mais les attentes des « héritiers » affichent un désir de transformation majeure. En effet, une majorité convaincue, soit 57%, souhaite réformer la société française en profondeur, à en croire Antoine Bristielle, directeur de l'Observatoire de l'opinion à la Fondation Jean-Jaurès.
Les segments d'électeurs attirés par la droite mettent l'accent sur des problématiques identitaires, 67% indiquant que la gestion de l'immigration influencera leur choix, tandis que 70% estiment qu'il y a trop d'immigrés en France. À l'inverse, ceux penchants vers la gauche se préoccupent davantage de questions sociales et environnementales, plaçant la préservation de l'environnement au rang de priorité pour 59% d'entre eux.
Enfin, un constat alarmant pour Macron : parmi les « désabusés », 51% expriment leur insatisfaction quant à son bilan. Cette étude repose sur une vaste enquête Ipsos menée pour la Fondation Jean-Jaurès, Le Monde et le Cevipof, et a été réalisée auprès de plus de 11 000 Français au mois d'avril 2026. Face à cette diversité d'opinions, les défis à venir seront considérables pour l'actuel président.







