Le PS révèle son think tank Noûs pour contrer la vague réactionnaire
Le Parti socialiste (PS) a récemment annoncé le lancement de Noûs, un think tank qui vise à enrichir le dialogue culturel face à des idéologies jugées rétrogrades. Selon Julie Martinez et Gaston Laval, les coprésidents de ce nouvel organe, Noûs désigne l'esprit et l'intelligence en grec, reflétant ainsi son ambition de rassembler intellectuels et personnalités influentes autour de projets concrets.
Ce projet se veut une réponse à l'essor du néo-conservatisme d’extrême droite, un phénomène que les dirigeants du PS estiment préoccupant. Gaston Laval a affirmé : "Nous sommes à un carrefour de l'histoire politique, où il est crucial de réinventer notre discours à gauche face à des enjeux pressants, notamment ceux liés à l'urgence climatique et à l'intelligence artificielle". Il souligne également l'importance de mener "la grande bataille culturelle" contre des idées réactionnaires qui menacent les fondements de la démocratie.
Noûs a pour vocation de devenir un lien essentiel entre le parti et ceux qui souhaitent s’investir sans savoir où adresser leurs idées. "Il s'agit d'un nouveau maillon qui va favoriser le débat intellectuel et permettre de réfléchir à des sujets ayant un impact sur le long terme", a précisé Julie Martinez, conseillère PS de la mairie de Clichy-la-Garenne. La création de ce think tank intervient dans un contexte où d'autres partis, comme La France insoumise, ont déjà mis en place des initiatives similaires.
Les thématiques abordées par Noûs seront variées et embrasseront des sujets tels que le sommeil, le bruit, ainsi que "la question du temps perdu que l'on pourrait récupérer grâce à l'émergence de révolutions technologiques comme l'IA générative". Le lancement officiel de Noûs est prévu pour le 8 juin lors d'une soirée à Paris, consacrée à la thématique : "Nos vies empêchées : la violence contre les corps, les esprits, la démocratie".
Noûs s'inscrit dans une dynamique plus large de réorganisation au sein du PS, faisant suite à des projets antérieurs comme "le projet socialiste pour le XXIe siècle", élaboré sous l'égide de l'eurodéputée Chloé Ridel, et à la mise en place de l'institut de formation Léon Blum, qui a vu le jour il y a un an sous l'initiative de Boris Vallaud, chef des députés du PS.
Le think tank s'inspire d'exemples européens, notamment de la fondation Friedrich-Ebert du SPD allemand, et sera soutenu par un "conseil des savoirs" composé de personnalités comme Justine Lacroix, Bertrand Badie et le sociologue Cyril Lemieux, renforçant ainsi sa crédibilité dans le paysage intellectuel français.







