Le rapporteur public du Conseil d'État, Frédéric Puigserver, a affirmé que les accusations pesant sur le mouvement d’ultragauche, La Jeune Garde, justifient pleinement sa dissolution prononcée en juin 2025 par le Conseil des ministres. La décision devrait être rendue dans les semaines à venir.
Selon Puigserver, ces accusations, comprenant des actes violents, attestent d'une dérive inquiétante vers le totalitarisme, où l'organisation ne cherche pas seulement à combattre ses opposants mais entend les exclure du débat public. Créé en 2018 par Raphaël Arnault, ce mouvement est actuellement au cœur de nombreuses controverses, surtout après la mort de Quentin Deranque, un militant d’extrême droite, dont plusieurs suspects sont liés à La Jeune Garde.
Les arguments du rapporteur public
Frédéric Puigserver a noté que, bien que le Conseil d'État ne puisse pas se baser sur des faits survenus après la dissolution, ceux-ci peuvent éclairer le contexte passé. Par exemple, il a cité l’affaire de Lyon pour démontrer l'atmosphère de violence entourant cette organisation, indiquant que des membres avaient été impliqués dans des agissements violents.
"Ne confondez pas virulence et provocation"
L’avocat de La Jeune Garde, Me Paul Mathonnet, a quant à lui défendu l’intégrité de son client, arguant que les violences politiques proviennent majoritairement de l'extrême droite et que le mouvement opère dans la transparence au sein de la société. Il a mis en avant le concept d’autodéfense populaire, affirmant que les actions violentes de La Jeune Garde sont en réaction et non offensives.
La défense du mouvement
Mathonnet a reconnu que, depuis le drame de Lyon, il est devenu « extrêmement difficile » de contester la dissolution. Toutefois, il a souligné que La Jeune Garde est consciente de la situation, indiquant que même si la dissolution était annulée, les activités du mouvement seraient compromises.
Enfin, le débat sur l’avenir de La Jeune Garde met l’accent sur la nécessité de ne pas juger uniquement sur la dissolution mais également sur les motifs qui pourraient la justifier. En effet, une enquête a été ouverte par le ministère de l’Intérieur, soupçonnant une reconstitution du mouvement, soulignant ainsi la complexité des enjeux en jeu. Ces événements révèlent les tensions croissantes au sein du paysage politique français, où les lignes de démarcation entre différents courants idéologiques se brouillent de plus en plus.







