Paris (France) – Jean-Noël Barrot, ministre des Affaires étrangères, a exprimé son indignation mercredi face aux nouvelles révélations concernant un diplomate français, impliqué à plusieurs reprises dans les dossiers Epstein. Le diplomate est également visé par une enquête américaine pour consultation d'images pédopornographiques.
Dans une interview accordée à RTL, Barrot a déclaré avoir pris connaissance de cette affaire seulement mardi, ce qui l'a profondément effaré. Il a souligné les actions entreprises, y compris la transmission des faits à la justice et la mise en place d'une enquête administrative et disciplinaire. « Quand j'ai découvert ces informations, j'ai vraiment été choqué, et j'ai agi comme toute personne dans ma position l'aurait fait », a-t-il indiqué.
Un rapport de 20 Minutes et Mediapart a révélé qu'une enquête du FBI, datant de 2013, avait visé Fabrice Aidan pour consultation d'images interdites. Barrot a précisé qu'il attendait que l'enquête administrative établisse des faits précis avant de tirer des conclusions hâtives, tout en veillant à ne pas impliquer inutilement l'ensemble des agents du ministère des Affaires étrangères.
Documents révélateurs
Fabrice Aidan, actuellement en disponibilité, a été suspendu de son poste chez Engie. Les documents étudiés par l'AFP montrent qu'il apparaît plus de 200 fois dans des échanges avec Epstein, certains datant de 2010. À cette époque, il travaillait pour les Nations Unies, étant détaché par la France.
Ce même diplomate était en relation avec le Norvégien Terje Rød-Larsen, également impliqué dans une enquête pour des soupçons de corruption. Des documents échangés montrent qu'Aidan avait des interactions fréquentes avec Epstein, y compris l'envoi de rapports et de demandes personnelles.
Néanmoins, la simple mention d'un nom dans les échanges d'Epstein ne démontre pas forcément une implication criminelle, comme l’a noté Barrot.
Enquête FBI et réactions
Un autre aspect préoccupant concerne l'enquête du FBI de 2013. Gérard Araud, ancien représentant permanent de la France aux Nations Unies, a confirmé que le FBI avait averti les Nations Unies de consultations répétées sur des sites pédopornographiques par Aidan. Selon ses déclarations, il a immédiatement ordonné son retour en France pour un suivi juridique et psychologique.
Malgré la gravité de la situation, Mediapart informe qu’aucune charge n’ayant été retenue à l’époque, aucune sanction n’a été envisagée pour Aidan. Araud a précisé qu’Aidan était alors sous l'autorité des Nations Unies, ce qui compliquait la gestion de cette affaire au sein du ministère français.







