Ce mercredi 11 février, la Cour de cassation a validé le non-lieu dans l'affaire concernant la mort d'Adama Traoré, un jeune homme de 24 ans, lors de son interpellation en 2016. Cette décision, après une lutte judiciaire de dix ans, confirme l'absence d'éléments suffisants pour engager des poursuites contre les trois gendarmes impliqués.
La cause, emblématique des débats sur les violences policières et le racisme systémique en France, a suscité des échos dans le pays entier. Selon Le Monde, le non-lieu, décidé en août 2023 puis confirmé en appel en mai 2024, devient définitif, bien que la famille d'Adama Traoré ait immédiatement annoncé son intention de porter l'affaire devant la Cour européenne des droits de l'homme.
Le combat judiciaire des proches d'Adama Traoré est souvent décrit comme un parcours semé d'embûches. En effet, l’avocat de la famille a exprimé une profonde indignation suite à cette décision, évoquant une « grande déception » : "Nous allons continuer à nous battre. Il est impératif de faire entendre la voix des victimes de violences policières," a-t-il déclaré à France Info.
Les événements tragiques remontent au 19 juillet 2016, lorsque Adama Traoré, lors d'une opération visant son frère Bagui, a été interpellé à Beaumont-sur-Oise. La manière dont il a été traité à l'intérieur de la caserne reste floue, étant uniquement fondée sur les déclarations des gendarmes. Les proches de la victime allèguent qu'Adama a été étouffé sous le poids des corps des agents dans un épisode qu'ils jugent insupportable.
Désormais, l'affaire Traoré soulève des doutes sur l'impartialité de la justice française et met en lumière les enjeux de la responsabilité des forces de l'ordre. Le débat est loin d'être clos, et nombre d'experts s'accordent à dire que la société civile devra continuer à s'interroger sur la nature des rapports entre les citoyens et les forces de l'ordre en France. La sociologue Stéphanie Roussel l'affirme : "Cette affaire pose des questions cruciales sur la transparence et la légitimité des interventions policières dans un contexte de tensions raciales croissantes."







