La loi Duplomb, très controversée, s'apprête à être discutée à l'Assemblée nationale ce mercredi 11 février. Malgré une pétition rassemblant plus de deux millions de signatures en opposition à ce texte, le sénateur LR Laurent Duplomb a initié une proposition visant à réintroduire l'utilisation d'insecticides, notamment les néonicotinoïdes, dont la dangerosité est mise en question par des études scientifiques.
Plus de six mois après la collecte des signatures, le débat qui se tiendra à l'Assemblée sera inédit puisqu'il se déroulera sans vote. Ce texte controversé vise à permettre à nouveau l'usage des pesticides suspectés d'être cancérigènes, malgré l'inquiétude croissante des citoyens et des experts. Selon RTL, la pétition a ouvert la voie à ce débat à la suite d'une censure par le Conseil constitutionnel sur des dispositions clés jugées insuffisamment encadrées.
Laurent Duplomb, lors d'une interview sur RTL, a affirmé qu'il ne faisait que répondre aux attentes des agriculteurs : "Ils sont dans une situation insoutenable. Nos agriculteurs ne peuvent pas lutter contre des ravageurs comme la punaise diabolique, alors que leurs concurrents en Europe peuvent utiliser ces insecticides. Ils se trouvent donc en concurrence déloyale", a-t-il précisé.
Face aux critiques, il a rejeté les études scientifiques qui pointent du doigt les risques liés à l'acétamipride, les qualifiant de "non fiables". Selon lui, les agences européennes autorisent son usage sur la base d'un manque de preuves solides concernant sa nocivité. En revanche, l'inquiétude reste vive parmi de nombreux agriculteurs et citoyens, qui doutent de la sécurité de ces produits chimiques en agriculture.
Une nouvelle pétition, réclamant l'abrogation du texte, a également été lancée et atteint déjà près de 100 000 signatures, témoignant d'un profond mécontentement au sein de la population. La situation met en lumière les défis complexes auxquels fait face l'agriculture française aujourd'hui.







