Récemment, une vidéo choquante a fait surface sur TikTok, racontant l'histoire d'une femme rentrée chez elle avec le corps de son bébé mort-né, ne pouvant le laisser à l'hôpital en raison d'une prétendue saturation de la morgue. Cette vidéo, diffusée par un compte se nommant « France Actu Express », a attiré l'attention de plus de 629 000 internautes depuis le 26 janvier. Bien que la vidéo ait été retirée, elle a depuis été réuploadée, ainsi que diverses versions de l'histoire, toutes basées sur les mêmes éléments macabres.
Le récit, nourri de détails sordides, évoque une mère tenant son bébé mort-né pendant dix jours, interagissant avec son corps comme s'il était vivant, et ce, sous les yeux de sa fille de cinq ans. Certains ajoutent que la mère aurait partagé cette expérience sur TikTok, tandis que d'autres évoquent une arrestation avec une condamnation à deux ans de prison. Selon les versions, les événements se dérouleraient à Paris ou au Royaume-Uni, mais aucune source fiable ne corrobore ces affirmations.
Pendant que les internautes expriment leur indignation face à une telle situation, la véracité de ce récit a été mise en question. 20 Minutes a mené une enquête approfondie et n’a trouvé aucune trace d'un tel incident dans aucun média en France ou dans d'autres pays. Il semble que l'origine de cette histoire vienne d'une vidéo en anglais diffusée en décembre, où il était prétendu que les événements se déroulaient aux États-Unis. Ce récit a peu à peu été modifié pour s'adapter au cadre français.
Une infox aux conséquences inquiétantes
Les incohérences dans cette affaire sont multiples. Premièrement, la législation française ne permet pas qu'une personne rentre chez elle avec un corps, sauf dans des circonstances très précises et avec un encadrement strict. De plus, conserver un corps sans soins appropriés engendrerait une décomposition qui ne pourrait pas être ignorée pendant une période de dix jours.
Des experts en santé mentale, contactés pour donner leur avis, soulignent l'impact que ce type de récits peut avoir sur la perception publique des systèmes hospitaliers. En effet, ce type de fake news contribue à saper la confiance du public dans les institutions médicales, les présentant souvent comme défaillantes. Comme l'explique un psychologue, "La répétition de ces histoires infondées renforce des stéréotypes négatifs et des peurs irrationnelles autour de la santé et de la mort".
Rendre l'histoire plus vraie que nature
La viralité de cette histoire confirme l’attractivité des récits macabres sur les réseaux sociaux. Des récits similaires sont souvent intégrés à des narrations d'horreur, mais il est crucial de comprendre qu'ils ne sont que cela : des histoires. Dans d'autres cas, par exemple en Aisne, un fait similaire où un homme aurait conservé le corps de sa compagne, a également été interprété de manière erronée, malgré le fait qu'il ait été traité sous l'angle de la santé mentale.
Dans une ère où l'information circule vite, il est impératif pour chacun de faire preuve de discernement face aux contenus qui peuvent sembler choquants. La gestion de la douleur et du deuil, ainsi que la confiance envers les systèmes de santé, ne doivent pas être altérées par des histoires sensationnelles dépourvues de fondement. Cette histoire, au-delà d'être une simple fake news, soulève des questions plus profondes sur la responsabilité de la communication dans les temps modernes.







