Un convoi humanitaire acheminant de l'aide aux villages chrétiens dans le sud du Liban a été contraint de faire demi-tour mardi après avoir été la cible de tirs, selon une source sécuritaire contactée par l'AFP. Escorté par les troupes du battalion français de la Force intérimaire des Nations Unies (Finul), le convoi se dirigeait vers le village de Debl, situé à proximité de la frontière israélienne.
Alors qu'il approchait des villages frontaliers, le convoi a subi des tirs qui ont causé des dommages matériels à plusieurs véhicules, sans que des blessés aient été signalés. De nombreux villages chrétiens, tels que Ain Ebel, Rmeich et Debl, se retrouvent piégés dans les combats qui opposent les forces israéliennes au Hezbollah, mouvement pro-iranien.
Comme l'a rapporté l'Agence nationale d'information (ANI), le convoi du nonce apostolique a dû faire marche arrière après une attente de plus de deux heures dans une localité proche de Bint Jbeil, en raison d'échanges de tirs intensifiés entre Israël et le Hezbollah. Les habitants de ces villages refusent d'évacuer malgré les appels à le faire lancés par l'armée israélienne, déclarant que ce conflit ne les concerne pas et exprimant un sentiment d'abandon depuis le retrait des forces armées de plusieurs points frontaliers.
Cette population souffre cruellement, manquant notamment de produits de première nécessité, de médicaments et de lait infantile, comme l'ont relayé des campagnes de dons sur les réseaux sociaux, notamment la municipalité de Rmeich. Depuis le début des hostilités le 2 mars, plusieurs tentatives d'acheminement d'aide ont été organisées par le nonce apostolique Paolo Borgia vers ces villages. Toutefois, une visite planifiée d'un représentant du Vatican a également dû être annulée pour des raisons de sécurité.
Les événements soulignent l'urgence d'une réponse internationale pour soutenir ces populations vulnérables au cœur du conflit. Alors que la situation continue de se dégrader, des voix s'élèvent dans la communauté internationale, comme celle de l'ONG Human Rights Watch, qui appelle à un accès humanitaire non entravé pour faire face à cette crise.







