S'il s'agit d'une option par défaut, ce phénomène soulève des inquiétudes quant à l'impact des écrans sur le développement des enfants. Selon le baromètre Ifop publié récemment, 71 % des parents d'enfants âgés de 8 à 15 ans admettent donner accès à des outils numériques « souvent ou de temps en temps » pour occuper leurs enfants, surtout lorsque la météo ne permet pas de sortir ou lorsqu'il n'existe pas d'autres activités.
Dans cette même étude, 66 % des parents choisissent cette option pour occuper leur enfant pendant qu'ils s'occupent d'autres tâches, comme le télétravail ou les corvées domestiques. Pris dans le tourbillon du quotidien, ces parents trouvent dans les écrans une solution pratique, mais à quel prix ? Comme le souligne une psychologue interviewée par France Info, "l'utilisation excessive des écrans peut nuire à la créativité et à l'imagination des enfants, en les rendant dépendants de cette forme de diversion".
Une majorité de parents (61 %) utilise les écrans dans des lieux publics pour apaiser leurs enfants en attendant un rendez-vous ou lors de trajets en transport. De plus, 57 % des parents reconnaissent céder à la demande insistante de leur enfant et 49 % avouent que cela les aide à éviter les jugements d'autrui, cherchant ainsi à calmer d'éventuelles crises émotionnelles.
Malgré ces raisons, 94 % des parents affirment avoir établi au moins une règle concernant l'utilisation des écrans, allant de la durée à l'âge idéal pour en profiter. Cependant, il reste à se demander si ces règles sont toujours respectées. Selon l'enquête, plus de la moitié des enfants, soit 55 %, admettent passer du temps sur les écrans simplement parce qu'ils s'ennuient.
La publication de cette enquête intervient alors qu'un débat national sur l'utilisation des écrans, particulièrement chez les jeunes, est en cours. Le gouvernement envisage d'interdire l'accès aux réseaux sociaux pour les moins de 15 ans, évoquant des préoccupations concernant la santé mentale des jeunes utilisateurs, tels que le risque de cyberharcèlement et le manque de sommeil.
La question du manque d'alternatives se pose, comme le soulignait la commission Écrans récemment mandatée par Emmanuel Macron, qui préconisait l'aménagement de zones de jeux dans les espaces publics. La santé et le bien-être des enfants doivent être au cœur des préoccupations parentales, mais avec de telles pressions modernes, beaucoup se demandent si c'est encore possible.







