« J'aurais souhaité qu'elle ne te rencontre jamais, qu'elle ait une vie heureuse. » Ces mots, écrits par une adolescente, résonnent avec profondément dans la salle d'audience où la présidente de la cour d'assises du Rhône a lu sa lettre lors du procès de Mourad B., accusé du féminicide de son ex-conjointe, Nathalie D.
« L'amour c'est pas taper, papa, encore moins tuer. » Ces phrases puissantes expriment une douleur inouïe, celle des enfants face à la violence parentale. Le père, 50 ans, comparaît devant la cour depuis mercredi, pour avoir, en mai 2022, poignardé sa compagne devant ses propres enfants à Grézieu-la-Varenne, près de Lyon. L'adolescente, qui avait alors 10 ans, se trouvait avec ses deux sœurs et une amie dans la voiture de leur mère, lorsqu'elle a été témoin de cet acte tragique.
Dans le box, Mourad B. est apparu visiblement choqué, le regard absent. Ce jeudi 12 février, alors que sa fille s'est exprimée, il ne semble se réveiller que lors des témoignages, un moment qui fût particulièrement poignant.
À l’adolescente de 13 ans, qui a eu le courage de témoigner devant la cour, on a entendu dire : « J'aimerais que tu viennes t'excuser, que tu réalises la douleur que tu causes. » Cette lettre, qu'elle a écrite juste avant le procès, a été un cri du cœur pour la justice, la préservation de souvenirs d'innocence perdue au milieu d'une tragédie. Les mots de la jeune fille ont suscité des larmes dans le public, créant une atmosphère d'une intensité rare.
Lors de son interrogatoire, Mourad B. a exprimé des mots de pardon envers la famille de Nathalie D. et ses enfants, pourtant ces gestes semblent dérisoires face à la gravité de son acte. Comme le souligne le sociologue Alain Brun, « la violence domestique laisse des cicatrices invisibles mais indélébiles, affectant profondément les plus jeunes. »
Ce procès est un rappel douloureux de la nécessité de sensibilisation sur les violences faites aux femmes et sur l'impact dévastateur qu'elles ont sur les familles. La souffrance des enfants témoins de tels actes doit absolument être prise en considération pour éviter que de telles tragédies ne se reproduisent.







