Jeudi 12 février 2026, un homme de 62 ans, éleveur de moutons à Lopérec (Finistère), a comparu au tribunal pour avoir effectué des travaux considérés comme illégaux. L'éleveur, qui défend sa démarche par le biais du "bon sens paysan", considère ces actions comme nécessaires face aux menaces récurrentes sur son troupeau. "J’ai plutôt envie d’entretenir l’environnement que de détruire une tourbière où on ne fera rien, à part un peu de pastoralisme", a-t-il déclaré au tribunal de Quimper.
Son témoignage met en lumière les défis auxquels il est confronté. Entre les incendies dans les monts d’Arrée en juillet 2022, avec "vingt kilomètres de flammes autour de ma ferme," et la sécheresse, l'éleveur a vu son cheptel diminuer de 1 600 à 900 brebis, en raison de 28 attaques de loup, ayant causé la mort de 60 bêtes. Ces événements l'ont contraint à adopter des mesures telles que l'acquisition de chiens de troupeaux pour protéger ses animaux.
Les travaux pour lesquels il est poursuivi incluent l'arrachage d'arbres et la création de fossés, des actions jugées illégales par les autorités. Cependant, l'éleveur soutient que ses intentions étaient de nettoyer et de rediriger les eaux de pluie, des mesures partiellement validées par son avocat. Celui-ci souligne la complexité croissante des lois environnementales qui pèsent sur les agriculteurs en pleine crise, arguant que sa défense est un reflet des difficultés quotidiennes des exploitants agricoles.
Une défense sous le signe de la contrainte réglementaire
Les experts sur place, comme Me Fanny Le Reste de l'association Bretagne Vivante, mettent en avant les impacts de ces actions sur le milieu hydrique, soulignant qu'elles peuvent compromettre la régulation naturelle de l'eau. Pour elle, ce sont des actes qui révèlent une volonté délibérée de dégradation de l’écosystème local. En réaction, le procureur Philippe Lemoine a requis une amende de 50 800 €.
Alors que cet éleveur lutte pour sa survie économique, il affirme que sa situation financière est critique, vivant sur le revenu de sa femme et ayant accumulé un endettement d'1 à 1,5 million d'euros. En cette période de crise, ses actions soulèvent des questions cruciales sur l'équilibre entre protection de l'environnement et survie des exploitants agricoles.
Le tribunal a mis son jugement en délibéré jusqu'au 9 avril 2026, laissant planer une incertitude considérable sur l'avenir de l'éleveur et de son exploitation.







