Ce week-end, l'Accord Arena à Paris vibrera au son des combats de sumo, une pratique hautement rituelle qui se déroule pour la première fois depuis 1995 dans la capitale française. Un événement d’une telle ampleur aurait été impossible sans un élément essentiel : la fleur de sel de Guérande. 150 kilos. C'est la quantité de cette précieuse denrée, expédiée depuis le Croisic, qui sera utilisée pour purifier l'arène et chasser les mauvais esprits avant chaque affrontement.
Tradition ancestrale, le jet de sel est plus qu'un simple geste, il contribue à créer un environnement sacré pour les 62 sumos présents. Pour honorer cette pratique, les Artisans du sel, qui collaborent avec plus de 300 paludiers, ont été appelés à l'aide. Gautier et Mérédith Férard, deux frères et sœurs passionnés, ont pris en charge la commande de ce sel exceptionnel, récolté à la main dans les marais salants de Guérande, le plus grand site de récolte de sel manuel au monde, selon Radio France.
Fleur de sel séchée, tamisée, broyée
La tâche n’a pas été simple. "Nous avons d’abord pensé que c’était une commande pour le marché alimentaire japonais", confie Gautier. Mais lorsqu’ils ont réalisé qu'il s'agissait de sel pour les rituels de sumo, un enthousiasme grandissant les a envahis. Toutefois, une attention particulière devait être portée à la texture : le sel devait être "aussi fin et sec que possible", afin de respecter la délicatesse des combats.
Pour atteindre cette qualité, la fleur de sel a nécessité plusieurs traitements, dont un tamisage avec la grille la plus fine qui soit. Ce processus, bien que nouveau pour les artisans, a permis d’obtenir le produit parfait pour ce rituel. "Nous avons même dû broyer le sel à la main pour qu'il atteigne la granulométrie idéale", précise Mérédith.
Une culture de valeurs partagées
Le sel, comme les traditions des sumos, évoque la spiritualité et la superstition. "Nous partageons avec eux des valeurs comme le courage, la force et la résilience", souligne Mérédith. À travers cette commande atypique, les artisans de Guérande ont aussi vu une belle reconnaissance de leur savoir-faire ancestral, qui perdure depuis plus de 2000 ans.
Les 150 kilos de sel étant désormais en route vers Paris, Gautier espère que cette expérience marquera un tournant positif pour leur entreprise. "C'est une belle opportunité et une manière de briller sur une scène internationale. Nous sommes impatients de voir comment notre sel sera accueilli par les sumos, ces demi-dieux du sport", conclut-il.







