Mercredi 10 juin, plus de 75 % des agents SNCF de la Drôme et de l’Ardèche ont rejoint le mouvement de grève national, initié par la CGT et d'autres syndicats, pour contester leurs conditions de travail et l’ouverture à la concurrence. Cédric Abonnenc, secrétaire de la CGT cheminots Valence-Portes-lès-Valence, affirme que la mobilisation est forte, avec 77 % de grévistes parmi les conducteurs et 73 % chez les contrôleurs.
Les cheminots expriment leurs préoccupations face à l’inflation et demandent un véritable moratoire sur l'ouverture à la concurrence ainsi qu’une augmentation de leurs salaires. Cependant, certains usagers manifestent des réticences à comprendre cette lutte, reprochant aux cheminots de nuire à leur mobilité.
De meilleurs salaires et pas de suppressions de jours de repos
Une assemblée générale a réuni une quarantaine de cheminots à la gare de Valence-Ville. Raymond, cheminot depuis 30 ans, souligne les faibles augmentations salariales, déclarant : “Ça fait des années que ça n'a pas été augmenté comme il faut. Avec les prix qui grimpent, ça devient insupportable.” Son témoignage résonne d’autant plus que, selon lui, les bénéfices de la SNCF ne se sont pas traduits par des hausses de salaires équitables.
Yvan, bien que non syndiqué, se présente également pour exprimer son soutien : “Nos familles connaissent notre rythme de vie. Ce n'est pas facile, et peu de gens accepteraient nos horaires irréguliers.” Même en pleine crise, Yvan et ses camarades préfèrent ne pas s’opposer aux usagers, conscients des désagréments causés par les grèves. Il admet : “Je sais qu'il y a des gens qui n'ont pas pu aller au boulot... Cela nous peine.”
“Je sais que des gens n'ont pas pu aller au boulot”
Les cheminots sont particulièrement préoccupés par les récentes décisions de Jean Castex, patron de la SNCF, concernant la suppression potentielle de cinq jours de repos. La sécurité des cheminots et un cadre de travail acceptable sont des priorités pour les grévistes, qui étaient 70 % en grève le jour de la mobilisation. Raymond ajoute : “Nous voulons être un exemple pour d'autres professions, montrant qu'unis, nous pouvons lutter pour de meilleures conditions de travail.”
Ces grèves visent à faire entendre une voix plus large pour tous les travailleurs, en espérant que leurs luttes inspirent d'autres secteurs à revendiquer leurs droits. Selon des analyses issues de sources telles que Le Monde et France Info, les cheminots s’efforcent de mettre en lumière non seulement leurs difficultés, mais celles de l’ensemble du monde du travail face à des mutations rapides et souvent défavorables.







