Il n'y aura ni contre-sommet, ni village associatif. Le collectif No G7, qui s'oppose à la venue des dirigeants internationaux à Évian-les-Bains du 15 au 17 juin, a annoncé ce lundi matin qu'il renonçait à organiser un contre-sommet, en dénonçant "les demandes irréalistes" de la préfecture.
Alors que le sommet du G7 s'approche rapidement, le collectif d'opposants, regroupant des organisations telles qu'ATAC France, la FSU 74 et Solidaires 74, s'est déclaré contraint "d'adopter une posture responsable face à l'irresponsabilité des dirigeants qui se réunissent à Évian, muselant ainsi le débat démocratique".
Le contre-sommet était initialement prévu sur le tarmac de l'aérodrome d'Annemasse, mais les gestionnaires du site l’ont refusé. La mairie d'Annemasse a alors proposé d'accueillir les opposants dans le parc La Fantasia, une "solution consensuelle" selon le maire Gabriel Doublet. La préfecture de la Haute-Savoie a indiqué qu'elle ne s'opposerait pas au contre-sommet s'il se tenait là, à condition que les organisateurs prennent des dispositions pour assurer la sécurité.
Une interdiction déguisée
Le collectif No G7 a qualifié cette proposition de "piège", suggérant qu'une réquisition d'un terrain par la préfecture, comme en 2003, aurait été une approche préférable. Dans un communiqué, ils accusent la préfecture d'entraver la liberté d'expression, déclarant : "Malgré nos efforts pour trouver un terrain d'entente, la préfète Emmanuelle Dubée impose des conditions d'organisation démesurées à deux semaines du sommet." Ils ajoutent : "Ceci n'est rien d'autre qu'une interdiction déguisée, affaiblissant nos libertés démocratiques."
Toutefois, les No G7 tiennent à remercier la mairie d'Annemasse pour son "plan alternatif". Par ailleurs, une manifestation en Suisse est prévue le 14 juin, sans passage par le pont du Mont-Blanc, ce qui avait été souhaité par certains membres du collectif No G7.
Des experts en politique publique, comme le professeur Jean-Claude Barreau de l'Université de Lyon, soulignent que de telles restrictions peuvent entraver la quête de dialogue entre les mouvements sociaux et les institutions. "Il est crucial que l'espace démocratique reste ouvert, surtout en période de tensions politiques", affirme-t-il. Cette situation met en lumière la difficulté pour les mouvements d'opposition de se faire entendre dans un contexte où la sécurité prime sur le débat public.







