Ce témoignage est une lente remontée des souvenirs, semblables à un polluant longtemps enfoui qui refait surface des années plus tard. Dans « Derrière les arbres », Frédéric Pommier décortique les répercussions des violences subies sur l'ensemble de son parcours de vie.
À travers ce récit poignant, il se remémore son enfance. À seulement cinq ans, lors d'un séjour chez sa nounou, il s'exclame : « S'il te plaît, tu peux me jeter par la fenêtre ? » Cette phrase incarne son incapacité à verbaliser l'horreur vécue derrière les arbres avec le fiancé de sa nounou. Ces événements marqueront le début d'un long silence, suscitant l'inquiétude de sa mère, perplexe face au comportement de son fils.
précis et cru
Frédéric Pommier ne cache rien. Après cette première agression, il endure d'autres abus de la part d'hommes de confiance dans son entourage. Sa mère, inquiète, consulte une psychologue qui diagnostique un simple syndrome anxieux. Ce n'est qu'en tant que père, face à un souvenir surgissant après une agression subie, qu'il commence à évoquer son passé.
Rédigé dans un style direct, son récit peut choquer mais il s'inscrit dans une dynamique plus large, éclairant des sujets sensibles, à l'instar des ouvrages de Vanessa Springora et de Camille Kouchner. Nous ne pouvons plus fermer les yeux sur ces prédateurs qui ont détruit tant d'existences.
« Derrière les arbres », Frédéric Pommier, éd Flammarion, 336 p., 21,50€, ebook 14,99€.







