L’assemblée générale de la SPA de Bayonne, qui s'est tenue le 20 mai dernier à la Maison des associations d'Anglet, a été le théâtre de vives tensions. Quarante adhérents, bien que munis de leurs convocations, se sont vu refuser l'accès par quatre agents de police, en raison d'une crise de gouvernance qui secoue l'organisation depuis plusieurs mois.
En 2024, la SPA connue une année tumultueuse, confrontée à des difficultés financières majeures qui avaient mis son existence en péril. Grâce à une campagne de dons, elle avait momentanément évité la fermeture, mais le climat interne reste tendu. Les événements du 20 mai ont révélé des fractures au sein de l'association.
« Nous nous sentons traités comme des malfrats ! »
Les bénévoles de la SPA, dont beaucoup sont engagés depuis des années, ne cachent pas leur incompréhension face à cette exclusion. « Nous sommes à jour de nos cotisations et avons le droit de vote ! Ce qui se passe ici est illégal », déclare Muriel Boutant, vétéran de 19 ans au service du refuge.
Des décisions controversées
Le point de discorde de l'assemblée était la nomination de Christophe Deray à la présidence de l'association, un choix largement contesté par ceux présents : « Nous ne le connaissons pas. Il n’a jamais mis les pieds au refuge ! » ont réclamé les adhérents.
Pour mieux comprendre cette crise, il faut revenir à l'actualité d'avril, lorsque Joëlle Turcat a démissionné de la coprésidence, entraînant la démission collective du conseil d'administration. « Je me retrouve seule dans une situation inextricable », a-t-elle affirmé lors d'une conférence de presse après l'assemblée.
« C’était une erreur du conseil d’administration »
Un audit judiciaire a détecté des erreurs dans l'enregistrement des cotisations des adhérents. « Seules les adhésions de 2026 ont été considérées comme valides », a reconnu Turcat. Confiante dans la légalité de l’assemblée, elle a néanmoins avoué que l’arrivée de Deray était presque une nécessité pour éviter la désignation d’un mandataire judiciaire.
Incompréhension et méfiance
La démarche d'organiser l'AG, bien que légale, a suscité une forte méfiance. Un courrier en date du 4 mai avait préalablement convoqué des adhérents, suivi d'un second mail explicatif le 18 mai, qui reconnaissait des erreurs dans la liste d'invitation. Cette gestion discutable a ajouté une couche de tension à une situation déjà volatile, amplifiée par la présence policière.
Pour les nombreux adhérents mécontents, le plan de Turcat ne fait pas l'unanimité. « C'est un putsch ! », ont-ils exprimé avec fermeté, prêts à consulter un avocat pour contester la légitimité de l'assemblée générale. La situation à la SPA de Bayonne reste donc délicate, et l’avenir de l’association pourrait bien dépendre de ces réformes cruciales.







