En mai 2026, Force ouvrière, branche du Syndicat national des médecins hospitaliers, tire la sonnette d'alarme sur le sort d'un médecin orthopédiste au centre hospitalier de Laval. D'origine comorienne, ce praticien, exerçant en France depuis six ans, pourrait être expulsé après avoir échoué à valider son diplôme par le biais d'épreuves de reconnaissance.
Jean-Philippe Csajaghy, médecin urgentiste à la retraite et représentant de Force ouvrière en Mayenne, souligne : "On manque de médecins et de spécialistes, et quand nous en avons un de grande qualité, au lieu de le garder, on parle d'expulsion". Un constat d'échec préoccupant dans un secteur déjà en proie à une grave pénurie de personnel qualifié.
Le médecin, détenteur du statut de praticien diplômé hors de l'Union européenne, a tenté à plusieurs reprises de faire reconnaître sa compétence, mais les résultats de ses évaluations ont été jugés insuffisants. "C'est une situation injuste et déconcertante", déplore Csajaghy. "Cet homme a réussi trois fois les évaluations, obtenant même des notes supérieures à la moyenne, mais l'administration semble appliquer des critères fluctuants pour décider de son sort."
Un contexte alarmant
Avec plus de 10.000 médecins Padhue (Praticiens diplômés hors de l'Union européenne) en activité dans le pays, cette situation n'est pas isolée. Selon un rapport de l'ordre des médecins, ces praticiens rencontrent des difficultés croissantes pour faire valider leurs qualifications. La crise des ressources humaines dans le secteur médical est d'autant plus aiguë en Mayenne, où le praticien comorien s'est engagé à rester, notamment en postulant à un poste à l'hôpital local.
"Nous savons que le territoire souffre d'un manque crucial de spécialistes," insiste le représentant syndical. "La qualité et l'expérience de cet orthopédiste devraient plaider pour sa titularisation." En réponse à ces préoccupations, le Ministère de la Santé a récemment promis d'alléger le processus de titularisation pour ces médecins, suite à diverses critiques sur le traitement réservé aux praticiens étrangers.
Force ouvrière a contacté l'Agence régionale de santé des Pays de la Loire pour demander une réévaluation de la situation de ce médecin, sans réponse pour l'instant.
Ces événements soulignent l'importance de reconsidérer la gestion des talents médicaux en France, d'autant plus dans une période où l'accessibilité aux soins est mise à rude épreuve.







