Des centaines de teufeurs se sont heurtés à une mobilisation inattendue jeudi. Alors qu'ils tentaient d'organiser une rave-party dans le nord de la Lozère, ils ont rencontré des gendarmes ainsi que des fermiers déterminés à bloquer l'accès aux lieux choisis.
Les festivaliers ont pris la direction de Saint-Privat-du-Fau, proche de la limite avec le Cantal, dès l’aube, comme l'ont rapporté des agriculteurs locaux. Cette tentative de fête survient alors que la France est en pleine discussion parlementaire sur les free parties, suite à l'adoption de la loi Ripost qui prévoit de sanctionner l'organisation de ce type d'événements comme un délit, passible de deux ans de prison et de 30.000 euros d'amende.
Des conditions météo « dangereuses »
Des gendarmes ont été rapidement mobilisés, soutenus par des collègues venus du Gard et de l’Hérault, selon un communiqué de la préfecture. En fin de journée, environ 400 véhicules étaient présents sur les lieux, avec environ 1.500 personnes rassemblées.
Le préfet, Gilles Quénéhervé, a souligné dans un communiqué que les premières verbalisations avaient été effectuées, mettant en avant des conditions météorologiques extrêmes (pluie, neige et températures très basses), qui rendent ce rassemblement particulièrement risqué pour les participants. Un arrêté pour interdire de tels événements a été mis en place depuis le 13 mai.
Une zone à 1.300 mètres d’altitude
Patrice Boulet, un agriculteur de la région, a témoigné de son engagement dès 5 heures du matin pour entraver les accès au site, utilisant « des rochers et du matériel agricole ». Il a décrit « une zone agricole à 1.300 mètres d'altitude, faite de prés de fauche et de pâturages ». Les participants, contraints de stationner leurs véhicules, doivent parcourir 2 à 3 kilomètres à pied avec un dénivelé de 200 mètres en forêts pour atteindre les zones en hauteur, d'autant plus que les conditions climatiques étaient défavorables.
En juillet 2025, des milliers de festivaliers, jusqu’à 12.000 personnes au pic de l'événement, avaient déjà été rassemblés à Chasseradès lors d’une rave-party illégale, faisant même une malheureuse victime. Une participante de 25 ans avait perdu la vie en tentant d'accéder à la fête, rappelant les dangers associés à ces événements non réglementés.







