Les Jeunes Agriculteurs du Rhône lancent un cri d'alarme. Mylène Daujat, en charge du dossier lié à la présence du loup, appelle à des interventions urgentes, dont la formation de lieutenants de louveterie et la mise en place de tirs de prélèvement.
La question se pose : les agriculteurs du Rhône pourront-ils cohabiter avec le loup ? Ce prédateur est de retour dans la région et son apparition déclenche des réactions vives. Le dernier incident remonte au 15 avril, lorsque des membres des Jeunes Agriculteurs ont manifesté bruyamment devant la préfecture à Lyon, exhibant des photos d'animaux morts pour réclamer des actions immédiates.
« Les attaques surviennent quasiment toutes les nuits en ce moment », s'inquiète Mylène Daujat. Celles-ci se concentrent principalement dans le sud du département, avec des observations d'un loup près de Chasse-sur-Rhône et à Loire-sur-Rhône récemment, augmentant le climat de tension selon plusieurs médias locaux tels que Le Progrès. Les agriculteurs estiment que la menace provient d'au moins deux ou trois loups, mettant en péril l'activité de nombreuses exploitations.
« Le pastoralisme à l'épreuve »
Florent Satre, éleveur de 120 brebis et 80 chèvres aux Haies, témoigne de sa détresse : « En quinze jours, j'ai perdu dix brebis et mon chien a été blessé. » Il ajoute, amer : « Notre travail consiste à élever des animaux, pas à ramasser des cadavres ! » Implanté depuis 1981 sur les contreforts du parc du Pilat, cet éleveur précise : « La cohabitation avec le loup semble difficile, bien que pas impossible. »
Mylène Daujat, quant à elle, est plus catégorique et exige des tirs de prélèvement. « Vivre avec le loup à proximité n'est pas tenable. » Néanmoins, le loup est classé parmi les espèces protégées, rendant les actions des agriculteurs particulièrement délicates. Elle interpelle la préfecture du Rhône pour la formation rapide de lieutenants de louveterie autorisés à intervenir.
Face à cette situation, les agriculteurs intensifient leurs efforts pour sécuriser leurs exploitations. Florent Satre a par exemple renforcé son enclos électrifié et intégré deux ânes à son troupeau pour le protéger. « Les journées sont interminables », se lamente-t-il.
A Vernay, dans le Beaujolais, Olivier Cuer, ancien ingénieur devenu éleveur de chèvres angora, a investi dans des colliers GPS et des races de vaches Highland pour prévenir les attaques. « Nous avons perdu trois animaux dans une attaque. Cinq chèvres sont mortes de stress. Il n'existe pas de solution miracle. » Il souligne également que l'utilisation de patous, ces chiens de protection préconisés, ne serait pas compatible avec sa structure, qui accueille environ 3 500 visiteurs par an.







