Jeudi 23 avril, le parquet du Puy-en-Velay a annoncé qu'une enquête avait été ouverte visant un homme de 65 ans pour injures à caractère racial. Le dimanche précédent, cet individu avait lancé des coups de feu à proximité d'enfants à Espaly-Saint-Marcel. Dans un entretien accordé au Parisien, Nordine, le père d'un des jeunes visés, a partagé son désarroi.
"Il était sous le choc... il ne parle pas, il est terrorisé avec les voisins et les autres enfants", se rappelle Nordine, âgé de 45 ans. Ce jour-là, son fils Reda, âgé de 10 ans, jouait aux abords de leur immeuble. En ce moment-là, Nordine se trouvait dans la commune voisine, lorsqu'il a été informé par sa belle-sœur que son fils avait été visé par un tir.
"J'ai paniqué. Les minutes pour atteindre les lieux étaient interminables. Je redoutais le pire", raconte-t-il. À son arrivée, il découvre son fils sain et sauf, mais profondément choqué.
Le tireur, un homme de 65 ans, a été placé en garde à vue. Nordine et son fils se dirigent vers le commissariat pour porter plainte, et après une consultation médicale, le jeune garçon reçoit un certificat attestant qu'il n'a pas besoin d'ITT.
Une menace palpable
"Il a vu l'homme avec l'arme", continue Nordine, parlant de Reda. L'enfant a eu le courage de questionner le tireur, qui aurait répondu : "C'est mon droit d'avoir une arme et si on me dérange, je tire". Ne réalisant pas la dangerosité de la situation, Reda rentre vers ses amis. Toutefois, il sent un projectile passer près de sa tête, suivi d'insultes racistes lancées par l'homme, comme rapporté par deux témoins au Progrès.
Lorsque la police intervient, le tireur explique qu'il avait été provoqué par des enfants. Le procureur Antoine Jocteur-Monrozier a précisé que l’homme considérait son tir comme un accident.
Un impact durable
Près d'une semaine après cet incident, Reda souffre toujours des séquelles psychologiques. "Il a peur de la foule et fait des cauchemars", confie Nordine. Le père accompagne son fils, qui doit prochainement retourner à l'école. "Viser des enfants avec une carabine, c'est impensable", se désole-t-il. Il appelle à ne pas minimiser cet événement. "Si on ferme les yeux, cela pourrait tourner au tragique, avec de vraies balles", conclut-il.







