À Lyon, ce 26 avril, qui coïncide avec la journée internationale de la visibilité lesbienne, la Collective lesbienne révolutionnaire (Colère) s'oppose à une marche organisée par Aliette Espieux, qui prône des valeurs anti-avortement et anti-euthanasie. En réponse, ces militantes dénoncent une instrumentalisation du féminisme et condamnent la montée du fascisme au sein de la société.
Pour la militante Dorothy, les existences lesbiennes sont d’une grande portée politique.du fait de leur position à l’intersection du patriarcat et des LGBTphobies. Elle affirme : "Nous ne sommes pas ici pour faire plaisir, ni pour rester silencieuses. Il est vital de lutter contre toutes les oppressions. Cela va au-delà d’un simple combat pour les droits des lesbiennes ; il s’agit de transformation radicale de notre société face au capitalisme et au fascisme."
Une lutte enracinée dans l'histoire
Colère, fondée en 2021, a vu le jour en réaction à des agressions d'extrême droite qui ont perturbé la première Dyke March à Lyon. Dorothy explique que ces attaques révèlent une gêne face à leur simple présence dans l’espace public. "Cela prouve que notre existence a une valeur politique." Elle souligne également la nécessité d’organiser ces luttes pour contrer les intimidations croissantes et mobiliser la communauté.
Mobilisation et résistance collective
Ce samedi à Lyon, la marche de Colère ne vise pas seulement à caresser les sensibilités, mais à créer un impact fort. Une transformation sociétale et des droits d’exister se posent comme des enjeux cruciaux. Comme l’indique Dorothy : "Eux, ils ont de l’argent, nous, nous avons le nombre." La solidarité et l'organisation collective sont indispensables pour faire face à l’extrême droite et lutter contre les violences lesbophobes qui sont en forte augmentation.
Les récentes attaques de vandalisme et les menaces à l'encontre des minorités témoignent des temps difficiles que la région traverse. "Cela montre l’urgence d’une mobilisation collective. Notre présence dans l’espace public et notre capacité à résister sont plus que jamais nécessaires," conclut Dorothy.
La politisation des mouvements lesbiens en France n’est pas un phénomène nouveau. Historiquement, les lesbiennes ont souvent été absentes des discussions féministes, jusqu'à l'émergence de groupes comme les Lesbian Avengers dans les années 1990. Une dynamique qui trouve encore écho aujourd'hui à Lyon.
Face aux menaces croissantes, la collectif Colère appelle toutes les organisations féministes et antiracistes à s’unir pour l’inclusion et la défense des droits. La marche qui se déroulera ce samedi n’est qu’un début ; la lutte continue.







