Laborel et Villebois-les-Pins, deux communes pittoresques du sud de la Drôme, doivent bénéficier d'un raccordement à la fibre optique d'ici fin 2026, à travers le plan de déploiement d'ADN (Ardèche Drôme Numérique). Cependant, ce projet soulève des inquiétudes chez les maires des deux villages, qui s'opposent à des travaux qui pourraient dénaturer le paysage environnant, notamment au col du Reychasset.
Des villages en quête de solutions logiques
Les maires, Marianne Roux de Villebois-les-Pins, un village de 22 habitants, et Renée Maoui de Laborel, comptant 117 habitants, expriment leur frustration face à la situation. "Nous sommes à seulement quatre kilomètres des Hautes-Alpes, où nous avons toujours été connectés pour l'électricité et les télécommunications. Tous nos poteaux sont préparés pour accueillir la fibre. Tout est prêt pour l'installation !" Cette logique semble pourtant s'effacer à cause de frontières administratives.
Dans les Hautes-Alpes, le déploiement de la fibre est orchestré par XpFibre, un opérateur privé. Selon le cadre actuel, plusieurs options s'offrent aux communes pour être raccordées à ce réseau, mais aucune ne semble viable pour le moment. Christine Hacques, sous-préfète de Nyons, souligne les complications juridiques qui empêchent une avancée rapide de ce dossier. Elle indique : "ADN ne peut agir que dans le cadre d'un réseau d'initiative publique, et toute tentative de subventionner un opérateur privé par des fonds publics est illégale."
Une solution durable au détriment de la beauté naturelle
Le raccordement par le réseau drômois impliquerait l'installation d'un poteau tous les 40 mètres, ce qui, selon les élus, abîmerait un paysage naturel déjà protégé. Marianne Roux ajoute : "C'est pour le moins ridicule d'entamer l'intégrité d'une région aussi remarquable, alors que des solutions plus adaptées existent !" Les deux élues refusent ainsi de donner leur accord pour la réalisation des travaux, avec un message clair : "Nous voulons la fibre, mais pas n'importe comment." Des conversations avec les responsables d'ADN n'ont pas abouti, laissant la situation dans l'incertitude.
Il est essentiel que les communes se positionnent d'ici mai 2026 pour respecter le calendrier, dont la finalisation des travaux est prévue pour octobre, le budget étant estimé à 300 000 euros. L'absence de réponse de leur part pourrait entraîner un refus juridique des demandes d'ADN et les villages risquent de se retrouver sans accès à Internet, surtout avec la perspective d'un démantèlement du réseau cuivre.
Les maires, déterminés à préserver leur environnement tout en accédant à des services modernes, sont résolus à poursuivre leur combat. "Nous ne voulons pas financer des infrastructures comme des satellites, notre objectif est d’être raccordés à la fibre, tout comme les autres communes du pays," insistent-elles.







