C'est un nom attrayant, presque inattaquable : le Fonds pour une presse libre. Qui pourrait être en désaccord avec la liberté de la presse ? Fondé en 2019 dans le contexte de Mediapart, ce fonds a pour objectif louable de soutenir le pluralisme médiatique et d'assurer l'indépendance journalistique. De plus, les donateurs bénéficient d'un incitatif fiscal conséquent, à savoir une réduction de 66 % sur l'impôt sur le revenu.
Le soutien financier de Mediapart
Cependant, une récente enquête menée par l’Ojim, en collaboration avec L'Incorrect, Radio Courtoisie et Boulevard Voltaire, met en lumière un modèle moins transparent. Selon leurs investigations, le Fonds pour une presse libre ne pourrait reverser que moins de 40 % des sommes collectées à d'autres médias entre 2021 et 2025. La majorité des fonds servirait de soutien à sa propre structure, consolidant ainsi le contrôle sur Mediapart.
Officiellement, le Fonds assure que les dons défiscalisés ne sont pas affectés au financement de Mediapart, ce dernier contribuant annuellement au fonds par une somme de 110 000 euros pour ses frais d'exploitation. En parallèle, d'autres fondations versent également des montants significatifs pour ses activités. Néanmoins, l'Ojim conteste cette version des faits, argumentant que même sans un transfert direct vers Mediapart, les dons non utilisés renforcent les ressources du Fonds, qui supportent indirectement les intérêts de la structure.
Les chiffres récents indiquent une hausse des dons : 428 255 euros en 2024 contre 260 861 euros en 2023, mais des charges élevées, y compris des salaires et des frais externes, soulèvent des questions sur l'efficacité de l'utilisation des fonds collectés.
Un modèle de pluralisme contesté
Le débat tourne autour de la question de la véritable pluralité que prétend défendre le Fonds. Les bénéficiaires notables proviennent souvent d'un univers médiatique à prédominance de gauche, tels que Arrêt sur images, Le Bondy Blog, et d'autres organes engagés sur des causes politiques spécifiques.
Depuis 2025, la situation s'est encore complexifiée avec l'orientation vers des projets visant à enquêter sur l'extrême droite, ce qui soulève des inquiétudes quant à l'équité de la distribution des fonds. Le Fonds semble incliner vers un soutien unilatéral, laissant de côté des voix conservatrices ou libérales qui pourraient apporter une contribution utile à la diversité des opinions médiatiques.
La question se pose donc : le Fonds pour une presse libre finance-t-il une pluralité authentique ou est-ce qu'il sert à protéger une certaine chapelle médiatique? Les avantages fiscaux octroyés font de chaque don une question d'intérêt public, amenant à demander à quoi sert véritablement cette générosité : à un pluralisme réel ou à un entre-soi financé par l'impôt ?
Contacté par l’Ojim, le Fonds pour une presse libre a choisi de ne pas répondre, ce qui accentue les doutes sur sa transparence. En effet, dans une époque où la transparence est jugée essentielle, ce silence nourrit des suspicions légitimes.
*Pierre-Édouard Stérin est co-actionnaire de Valeurs actuelles.







