Alors que les plateaux de télévision chantent la victoire inéluctable de l'extrême droite, « L'Humanité magazine » s'intéresse à ceux qui luttent au quotidien pour freiner cette progression. Rencontre avec Zohra Briand, membre émérite du collectif Contre-Attaque Antiraciste, qui a placé la lutte contre l'islamophobie au centre de son engagement.
À 54 ans, Zohra Briand exécute un parcours militant sans compromis face à la montée des idées d'extrême droite. Mère de deux enfants, elle a fait de l'antiracisme décolonial et de la lutte contre l'islamophobie la pierre angulaire de sa voix politique. Depuis septembre 2024, elle est devenue l'une des figures emblématiques du collectif Contre-Attaque Antiraciste dans les Alpes-Maritimes.
Son engagement débute dès 1990, alors qu’elle est lycéenne. Activiste au sein du Mouvement jeunes communistes de France, elle se souvient : « J'étais au lycée Dumont-d'Urville, où une faction néonazie s'en prenait régulièrement aux élèves. Nous devions nous organiser pour nous défendre. » Cette confrontation avec l'extrême droite l’a convaincue que le pouvoir ne se donne pas, il se prend.
Une lutte enracinée dans la réalité
Son collectif rassemble des personnes déçues par un militantisme trop souvent jugé timide, surtout depuis le génocide à Gaza. Ce groupe, indépendant de grands partis, revendique le droit d'interpeller frontalement les institutions et les forces de l'ordre. « Nous mettons la lutte sur le terrain. Nous organisons des manifestations, des rassemblements, des conférences. Nous parlons de manière franche, » déclare Zohra, admettant qu’elle utilise parfois un vocabulaire qui bouscule, comme l'expression d'« universalisme blanc ».
Pour elle, l'objectif n'est pas de plaire, mais de provoquer un véritable rapport de force. « J'ai toujours voulu m'impliquer politiquement, car je crois que pour changer les choses, il faut prendre le pouvoir, » souligne-t-elle. Elle considère que l'antiracisme doit être un combat politique, et pas seulement une injonction morale.







